JEAN_J~1

Le 11 novembre, c'est la preuve que Jaurès avait raison ! Anatole France lui a rendu cette justice, lorsque notre Justice a scandaleusement blanchi son assassin Raoul Vilain. Je choisis donc le témoignage des poilus tel qu'il est diffusé par Paul Vaillant-Couturier dans la Chanson de Craonne:

 

"Quand au bout d'huit jours le r'pos

terminé

On va reprendre les tranchées

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais que c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le coeur bien gros, comm' dans un

sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans

trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

Refrain:

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés

 

 Huit jours de tranchée, huit jours de

souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie

qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher

Leurs tombes

 

C'est malheureux d'voir sur les grands

boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est en rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

pour défendre leur bien, car nous

n'avons rien

Nous autres les pauv'purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr'les biens de ces

messieurs là

 

Refrain:

Ceux qu'ont l'ponion, ceux-là

r'viendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur le plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau."

 

Je ne sais pas quelle sera la tonnalité de la journée de demain, mais personnellement, je ne peux pas manquer ce moment qui sera quelques années après, aux origines de la fondation de la SFIC et de l'internationnalisme prolétarien.

NOSE DE CHAMPAGNE.