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Quand la démocratie aboutit à ce qu'une minorité s'impose à la majorité, c'est un peu le scenario qu'on vient de connaître à Brignoles... J'ai failli écrire Vitrolles ! Lorsque 45% seulement du corps électoral va voter et que quelqu'un est élu par 55% de ceux qui se sont "exprimés" (puisque blancs et nuls ne sont pas reconnus !), c'est donc moins de 25% des électeurs qui imposent le nouvel élu. C'est donc bien une minorité "agissante" qui impose sa loi, comme c'est le cas à Brignoles...

Même si, contrairement à 2011 (5 voix d'écart) ou à 2012 (13 voix d'écart), cette fois-ci l'avantage est très net avec près de 8% et 700 voix de différence.

Comme on le voit, sans surprise, çà fait quelques années que le FN était en embuscade, et le PS local, qui a manoeuvré avec EELV contre le candidat communiste, est bien coupable d'avoir joué avec le feu.

Quoiqu'il en soit, la crise et la politique antisociale du gouvernement aidant, ce qui est arrivé ce fameux dimanche à Brignoles devait finir par se produire. L'austérité gouvernementale et les sacrifices toujours payés par les mêmes ont produit le résultat prévisible de la promotion du FN.

Alors, ce soir je m'interroge sur le concept de "Front Républicain"... un front de plus, à côté du Front de Gauche ou du Front National... Après avoir dénoncé durant des mois, voir des années, les passerelles entre ce FN et l'UMP, ou le RPR, (les exemples réels sont hélas nombreux et parfois anciens), comment peut-on invoquer ce "front" pour barrer la route au FN, sans donner l'impression à l'électeur écoeuré et déboussolé quand il n'est pas désespéré, qu'il s'agit d'une manoeuvre politicienne ? Quelle clarification pour l'électeur de base ? Même si, moralement et instruits par l'histoire du XXème Siècle, nous nous faisons une obligation de barrer la route à l'extrême droite et au fascisme.        

Une chose est certaine, et nous le constatons avec effarement, dans nos provinces le personnel politique fait preuve d'une épouvantable sousestimation de la crise de confiance et de l'ampleur du rejet d'un pouvoir élu à gauche, mais incapable de tenir ses engagements à l'égard de ceux qui l'ont élu face à la Finance ennemie.

Dans les entreprises, dans les services, dans les magasins, dans les salles d'attente, on entend partout les gens dire qu'ils n'iront plus voter puisqu'il n'y a plus réellement de différence entre droite et gauche... Il n'y a plus de repère... Quant aux minoritaires qui disent vouloir le faire, ce sera bien souvent pour exprimer leur rage en votant FN ! Et qu'on ne me parle pas de la sociologie du vote FN: je connais tout çà... mais il y a des évolutions qu'il faut voir, qu'il faut entendre... Dans ce cas que j'indique, n'importe quel candidat FN, connu ou inconnu fait l'affaire: qu'il soit préparé ou non, il est en position de faire un carton. Et c'est le cas à Vitry-le-François où les emplois industriels disparaissent à tour de bras, que ne comblent pas les créations d'emplois précaires et partiels dans les grandes surfaces. 

(prochainement: quelle approche des municipales 2014 à Vitry-le-François ?)

NOSE DE CHAMPAGNE