LE MERLE MOQUEUR

C'est mon avis et je le partage !

30 mars 2008

RETOUR SUR QUELQUES RUMEURS DES PAYS DE L'EST...

DER_2 ... Je vous écris, Monsieur Estéban, de ces pays de l'Est qu'on appelle Champagne, Perthois, Lorraine, etc. J'ai suivi, sur votre blog (Le Tacle) et ailleurs, les âpres combats menés dans vos pays du Sud. Y aurait-il aujourd'hui plus de soleil sous nos cieux tourmentés que chez vous ? Je ne peux pas le croire. Vous et votre vocabulaire fleuri, vous allez surmonter ce moment où, à l'exaltation du combat succède l'hébétude du champ de bataille soudain silencieux et déserté...

Croyez vous que votre pays est si différent des nôtres ? Ici, Ay-Champagne - dont la mairie fut ravie au PCF il y a 19 ans par un PS allié avec la droite, comme à Romilly sur Seine - a réélu le maire PS (un temps secrétaire fédéral d’icelui ) avec 73,14% des voix et 24 sièges (88,9% des sièges) contre la liste communiste obtenant 26,85% et 3 sièges (11,1% des sièges)… Où croyez vous que se sont portées les voix de droite et d'extrême-droite dans cette commune du champagne ? Partout où la droite peut empêcher le PCF d’exister ou de gagner des positions, elle fait le gambit et se mélange au PS… « parce qu’il le vaut bien ».

Dans notre département de la Marne, le PCF fait en mars 2008 une remontée spectaculaire à travers les cantonales. 22 cantons étaient à pourvoir, dont le seul détenu par les communistes: Châlons 3. 13 conseillers généraux ont étés réélus dès le 1er tour, dont 2 PS, 1 NC et 1 MODEM, le reste allant à l'UMP. Certains sont élus avec 905 voix (l'UMP B. Rocha sur Ville sur Tourbe) ou 729 voix (l'UMP C. Paul sur Sompuis) ou même 1789 (!!!) voix (le NC C-A. de Courson du Buisson sur Heiltz le Maurupt)... Il fallait en moyenne 2930 voix sur 63410 exprimés pour enlever 1 siège… Notre parti était présent dans 14 des 22 cantons et a enregistré 6670 voix (7,85%): il n'aura plus aucune représentation départementale. Pourtant, sur certains cantons on relève des scores importants: 18,2% sur le canton de Dormans, 12,1 sur le canton d'Ay, 11,9% sur le canton de Chalons 3... Sur Vitry-le-François Est, nous atteignons 6,2% ce qui rend plus rageant encore de ne pas avoir présenté de liste PCF au 1er tour municipal (10,1% sur la ville)!

Voila ce que je voulais vous dire, Monsieur Estéban. Nous gagnons un maximum de "primaires" à gauche. Cela va rendre plus difficile à l'avenir les petites opérations politiciennes lors des futures élections. C'est cela qu'il faut garder à l'esprit. Continuons le combat, ça va payer. Bien fraternellement, avec vous,

NOSE DE CHAMPAGNE...

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23 mars 2008

MUNICIPALES 2008: LE PCF VICTIME DE SA LIGNE SUICIDAIRE… UNE AUTRE STRATEGIE EST POSSIBLE POUR FAIRE GAGNER LE PEUPLE ET LES COM

COCOHISTORIQUES Alors que l'UMP essuie une défaite retentissante et que le PS tire à nouveau les bénéfices quasi-exclusifs de la prétendue « union de la gauche », le PCF subit un nouveau recul historique. Même s'il enregistre çà et là des succès (Dieppe, Nord...), il recule lourdement dans nombre de bastions, notamment dans le Pas-de-Calais et en Seine-St-Denis où l'« allié » PS lui dérobe la direction du département pendant que la « verte » Voynet s'empare de Montreuil, la ville de Jacques Duclos.

1°) Dans le Pas-de-Calais, le PCF perd deux bastions historiques, Calais et Harnes, la ville de Charles Debarge, le «Fabien » du Bassin minier.

Certes on peut incriminer le rôle du FN à Calais où la droite a bénéficié du désistement de fait de l'extrême droite. Il n'en reste pas moins qu'au 1er tour, Jacky Hénin, « l'homme fort » de la Fédé PCF du Pas-de-Calais, le défenseur minoritaire de la mutation de R. Hue dans les années 90, avait perdu dix points sur le 1er tour de 2001. Le maire de Calais perd sa ville, historiquement très ancrée à gauche et qui a massivement voté contre la Constitution européenne en 2005, alors même que le PS figurait sur sa liste dès le 1er tour et que pour obtenir cela, la Fédération 62 du PCF avait mangé son chapeau en acceptant un accord d'union de la gauche dès le 1er tour dans tout le département (à l' encontre de toutes ses traditions !) !

A Harnes,

La chute de ces deux maires, qui n'ont cessé de harceler la Coordination communiste du PCF, puis le PRCF, est une grave défaite pour la direction fédérale du Pas-de-Calais qui a rallié sans le dire la direction nationale réformiste du PCF sous la pression des deux maires battus le 16 mars. La Fédération 62 a aussi enterré la revendication de souveraineté nationale pour adopter le slogan social-démocrate de « l'Europe sociale ». Tout en se réclamant pour « l'image » de « l'opposition de gauche », la direction du PCF-62 a intégré l'exécutif national du PC mutant, ce qui signifie clairement qu'elle est co-responsable de l'orientation catastrophique du PCF national.

L'actuel naufrage du PCF-62, qui recule aussi aux cantonales, était d'autant plus évitable que le PRCF 62, continuateur révolutionnaire du PCF dans plusieurs villes ouvrières du bassin minier, a obtenu d'excellents résultats partout où il a présenté ou soutenu des listes ou des candidats aux cantonales, à Liévin, Eleu, Bully, Lens. À Lens, le PRCF n'est pas pour rien dans la mise en ballottage du maire PS et dans l'émergence d'une alternative à gauche dans cette ville, où trois listes subsistaient sur la gauche du PS au second tour et où, aux deux tours, la liste soutenue par le PRCF a devancé celle présentée par le PC « officiel » et les trotskistes de Lutte ouvrière.

En Seine-St-Denis

Quoi d'étonnant à cela quand la direction du PCF a refusé de condamner l'alliances du PS avec la droite MODEM, laissant même le maire PCF d'Aubagne fusionner avec ledit MODEM pour sauver son fauteuil !

Décidément, l'« union de la gauche » sous hégémonie PS n'est qu'un rideau de fumée préparant une alternance de façade pour l'Europe maastrichtienne (on a vu de nouveau la collusion des députés de l'UMPS lors de l'adoption parlementaire de la constitution européenne bis), et un moyen de « plumer la volaille communiste »... avant de la désosser.

A cette stratégie faillie, quelle autre alternative possible que celle proposée par le PRCF d'un Front de résistance et d'alternative populaire (FRAP), d'un rassemblement populaire majoritaire visant clairement la rupture de la France avec l'UE, la reconquête de la souveraineté nationale, de nouveaux traités internationaux progressistes, l'union de lutte du peuple travailleur contre les monopoles capitaliste, leur pouvoir et leur Europe, avec pour horizon historique la lutte pour le socialisme.

Mais surtout, le PC mutant est victime de sa propre « autophobie » : depuis 76, le PCF a renié ses fondamentaux, marxisme-léninisme, centralisme démocratique, internationalisme prolétarien, ses principes stratégiques, rôle de la classe ouvrière, lutte révolutionnaire pour le socialisme, ses bases organisationnelles, cellules d'entreprise et liens avec le syndicalisme de classe. Désormais étroitement associé à l'U.E. par l'entremise du Parti de la Gauche Européenne de Bertinotti, le PCF s'apprête à renier son nom à l'occasion du congrès de décembre 2008.

Dans ces conditions, il est temps que les vrais communistes se regroupent, qu'ils restent membres du PCF ou qu'ils travaillent à reconstituer une organisation et une politique communistes indépendantes de la direction liquidatrice du PCF. Les vrais communistes doivent s'apprêter à continuer ensemble le communisme organisé dès janvier 2009, quitte à rompre dès aujourd'hui tout lien politique avec les naufrageurs qui usurpent encore provisoirement le noble nom du PCF de Cachin, Sémard, Thorez, W. Rochet et Marchais.

C'est à quoi les invite la Confédération d'Action Communiste présidée par Georges Hage.

Dès à présent, sur proposition du PRCF, la CAC a invité toutes les organisations vraiment communistes de France à s'adresser ensemble à toutes les forces progressistes politiques et syndicales pour leur proposer d'appeler en mai prochain, 40ème anniversaire des grèves de mai 68, à une manifestation nationale à Paris contre l'ensemble de la politique de Sarkozy, du MEDEF et de l'UE.

La C.A.C. propose également d'organiser en 2008, année du 160ème anniversaire de Manifeste du Parti communiste, une rencontre nationale sur « l'identité communiste »

De plus en plus haï par les salariés, les chômeurs, les étudiants, par tous les républicains, l'odieux régime sarkozyste, n'a rien d'invincible. Pour le vaincre et rouvrir à la France la voie du progrès et de la démocratie, notre peuple a besoin du regroupement des vrais communistes pour rompre avec les stratégies suicidaires, résister à la droite, sortir de l'Europe de Maastricht, rouvrir la voie du socialisme !

Communistes de France, unissons-nous pour unir notre peuple !

Georges GASTAUD,

ancien secrétaire de la section de Lens du PCF,

, le PCF a une nouvelle fois reçu le baiser de la mort du PS. A l'abri de la mascarade de « l'union de la gauche », le PS et ses satellites « Verts » sont montés à l'assaut des vieilles mairies communistes d'Aubervilliers, de Montreuil, et du conseil général communiste de Seine-St-Denis. Sans honneur et sans dignité, la direction nationale mutante du PCF s'est refusée à prendre la moindre mesure de rétorsion contre son pseudo-« allié » alors même qu'à Blanc-Mesnil, où M.-G. Buffet figurait sur la liste du PCF, le PS a tenté de faire chuter le maire PCF ! Comble du ridicule, le PCF 93 s'apprête même à intégrer la nouvelle direction PS de Seine-St-Denis : l'époux délaissé remercie l'amant miséricordieux de lui laisser tenir la chandelle !
même s'il est désolant que la mairie passe au PS en obtenant certaines voix d'extrême droite au second tour, l'ex-maire Y. Druon doit d'abord s'en prendre à lui-même, à son autoritarisme, à son orgueil, à ses exclusives, à sa chasse aux sorcières contre le PRCF, à sa politique franchement non communiste.

ancien membre du comité départemental du PCF-62,

secrétaire national du PRCF,

membre du comité d'organisation de la Confédération d'Action Communiste.

Lens, le 19 mars 2008

NB: Je ne souscrits pas intégralement à ce point de vue, mais il a l'avantage de faire réfléchir et tranche avec le communiqué bêlant de la direction nationale du parti après le 2° tour des municipales et des cantonales 2008. J'estime insupportables les traitrises qui nous ont privé de Montreuil, Aubervilliers, Calais, et le Conseil général de Seine Saint-Denis. Qu'on ne me dise pas que l'Allier compense le 93 !!!

NOSE DE CHAMPAGNE

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21 mars 2008

Ce que le Dalaï Lama ne dit pas sur le Tibet et sur sa doctrine

BOUDISME_TIBETAIN Les raisons qui m’ont poussé à écrire ce livre qui va à l’encontre des idées toutes faites à propos du Tibet, de son histoire et de sa religion : de plus en plus d’amis proches écoutaient religieusement les discours du Dalaï Lama, se disaient sympathisants du Bouddhisme tibétain, et du même coup, adhéraient aux thèses du mouvement pour l’indépendance du Tibet.

Au point où moi-même - plus sensibilisée à la question tibétaine parce que j’ai habité en Chine trois ans et parce que je donne des cours sur la pensée chinoise -, j’ai été amenée à me positionner. Dès lors, je me suis documentée et j’ai constaté que les informations disponibles, ici en Occident, à propos de l’histoire du Tibet et du Bouddhisme au Tibet sont soit détournées, soit inexistantes. De là, ma recherche.

Mon livre, résultat de cette recherche, raconte l’histoire du Bouddhisme tibétain (lire : BT dans la suite du texte), depuis sa formation jusqu’à son actualité brûlante ; il est divisé en trois parties distinctes : entrée, plat consistant et dessert… comme un bon repas de famille après lequel on n’a plus qu’à aller faire la sieste ! Pas de panique : il est écrit dans un style allègre et avec un brin d’ironie, ce qui allège la digestion. Toutefois il peut se lire comme trois petits livres, chacun relatant une époque du BT. L’entrée de notre petit repas familial concerne la période de gestation du BT, depuis l’enseignement du Bouddha (6ème AC), jusqu’à la formation de l’école bouddhiste qui, au 9ème PC, s’implante sur le Haut Plateau Tibétain : le Vajrayana ou Véhicule tantrique ou Tantrisme. Après avoir esquissé le Dharma (ou « enseignement du Bouddha »), je rappelle la scission que connut le Bouddhisme au 1er PC et les cheminements différents du Hinayana et du Mahayana (Petit et Grand Véhicules). Je survole ensuite l’évolution du Mahayana en Inde avec ses senteurs hindouistes et la naissance du Vajrayana au 6ème PC.
Je raconte un peu plus longuement l’entrée du Mahayana en Chine, son utilisation politique lors de l’éclatement de l’Empire chinois, et les questions que le Bouddhisme a posé à la pensée chinoise. Celle-ci, ne pensant pas en-dehors du monde physique et temporel, limité et duel, qui est le nôtre, n’était pas prête à entendre le message de délivrance du Dharma : pour la Chine, la souffrance (la « dukkha » du Bouddhisme) est l’autre facette du bien-être, et qui ne connaît pas l’un ne peut jouir de l’autre. Il n’empêche que la venue du Bouddhisme en Chine a placé celle-ci au pied de son mur philosophique : « transcendance ou immanence ? », la question était clairement posée. La Chine, après un millénaire d’influence bouddhiste, a résolument opté pour la dialectique et le Relativisme. Comme vous pouvez le constater, j’ai profité de cette première partie pour me poser des questions philosophiques et existentielles : qu’est-ce qu’une religion ? comment la distinguer d’une philosophie ? l’enseignement du Bouddha n’est-il pas aussi une religion, malgré ce qu’en disent actuellement ses adeptes ? quel est le rôle des religions dans la vie psychique des êtres humains ? quel est leur rôle dans l’évolution d’une société ? les religions sont-elles encore nécessaires ? ne peut-on se passer de la religion tout en développant notre côté spirituel ? etc. Autant de questions auxquelles je m’attarde, sans doute pour mettre mes propres idées au clair, tout en sachant que ces questions touchent la plupart d’entre nous. Donc, cette première partie de mon livre est écrite comme un essai.

La seconde partie du livre est le « plat consistant », le gros oeuvre après le hors-d’œuvre. Il s’agit de l’histoire du Bouddhisme au Tibet, depuis son arrivée au Tibet (vers le 6ème PC) jusqu’à sa pratique actuelle, au Tibet. Pour engager cette partie de l’histoire, j’ai voulu planter le décor : qu’appelle-t-on le « Tibet » avant l’arrivée du Bouddhisme ? La géographie du Haut Plateau explique comment des êtres humains ont atterri si haut et si loin de tout, dans des régions qui sont devenues inhospitalières, alors qu’elles ne l’étaient pas lorsque les premiers venus s’y sont installés. Qui sont ces gens, d’où venaient-ils ? On s’aperçoit que ce que nous appelons le « peuple tibétain », sont des populations composites : les unes venant de l’Ouest (Asie centrale), les autres du Sud-Ouest (vallée de l’Indus), ou du Sud-Est (fonds des forêts birmanes), de l’Est (vallée du Yangzi), et du Nord (vallée du Fleuve Jaune). Cette diversité ethnique est encore visible aujourd’hui : d’une vallée à l’autre, l’architecture des maisons, les vêtements et même la langue, sont parfois différents. De ce fait, avant l’arrivée du Bouddhisme qui, au Tibet, a servi de ciment culturel et politique, le Haut Plateau tibétain était sillonné de populations de croyances et de cultures nettement plus variées. Leurs cultes étaient animistes et elles étaient influencées par une religion venue, semble-t-il, de l’Ouest (Asie centrale) : le Bön. Depuis le 4ème AC, il existait bien un petit royaume tibétain dans la vallée centrale du Yarlong (ou Brahmapoutre) avec la dynastie des Tubo, mais ce n’est qu’au 7ème PC que le roi SongTsen Gampo voulut agrandir son territoire. A la manière du célèbre Gengis Khan, le roi réunit les diverses populations du Haut Plateau en vue d’attaquer son puissant voisin, la Chine des Tang. Et c’est là que tout commença : la Chine repoussa les Tibétains, puis l’empereur des Tang offrit au roi tibétain sa fille en mariage. Cette première alliance entre la Chine et le Tibet permit au Bouddhisme (école chinoise du JingTu) d’entrer à la cour royale du Tibet, où il resta coincé pendant quelques siècles. Au 9ème, la dynastie Tubo s’effrite et plonge les Tibétains dans l’instabilité politique, et ce jusqu’à l’arrivée des Mongols (13ème). Pendant ce temps-là, au 11ème, le Nord de l’Inde est assailli par des marées musulmanes. Or c’était justement dans le Nord de l’Inde que se trouvaient les plus importantes écoles du Tantrisme (ou Vajrayana formé en Inde vers le 6ème PC). Sous l’assaut des Musulmans, les maîtres tantriques fuient l’Inde et se réfugient de l’autre côté des montagnes de l’Himalaya : dans un Tibet sans foi ni loi. Le Bouddhisme, version tantrique, connaît alors une véritable explosion au Tibet : les maîtres importent les textes sacrés et les font traduire en tibétain (dont l’écriture est proche du sanskrit), les communautés tantriques se multiplient à vive allure, les écoles se subdivisent en de nombreuses sous-entités, dont les derniers nés (au 14ème) sont les plus connus : les Bonnets Jaunes. Les populations tibétaines, soumises jusque-là au bon vouloir des seigneurs et aux rivalités entre grandes familles de la noblesse tibétaine, se convertissent en masse au Bouddhisme et se mettent au service des communautés tantriques : la structure ecclésiastique du Tantrisme leur apporte sécurité et stabilité. De cette manière, le Bouddhisme a permis d’instaurer au Tibet une société féodale. Le pouvoir est partagé entre la noblesse tibétaine et les communautés bouddhistes, plus de 90 % de la population est placée en servitude. C’est un système bien huilé qui va perdurer jusqu’à la moitié du 20ème siècle, pour le bonheur et le plaisir de quelques uns (noblesse et autorités tantriques) et au détriment de l’écrasante majorité (serfs et esclaves). L’arrivée des Mongols au 13ème ne va que conforter la structure féodale du Tibet ; les Mongols feront du Tibet une annexe de leur Empire chinois. Les Mandchous qui contrôlent l’Empire chinois du 17ème au 19ème divisent la Chine en 18 provinces ; depuis, le Tibet est une des 18 provinces chinoises. Or, à la fin du 19ème, la Chine se vend par concessions successives et de plus en plus ridicules aux puissances occidentales. Le Tibet qui, grâce à la puissance de son pouvoir ecclésiastique, a amassé de grandes richesses, est convoité par les Anglais : le lieu de villégiature privilégié des lords britanniques pendant la saison des moussons - Darjeeling, Kalimpong, le Sikkim, etc.- sont autant de régions où aboutissent les caravanes de laine et de sel en provenance du Tibet. Constatant l’intérêt gourmand des Tsars russes pour le Haut Plateau, les Anglais ne font ni une ni deux : ils envahissent le Tibet, s’installent et ouvrent des comptoirs de commerce. Se retroussant les moustaches, ils jouent au bridge et au tennis devant le palais d’été du 13ème Dalaï Lama, principale autorité tibétaine à cette époque, sans omettre de l’inviter à une partie de badminton. Le grand Lama se trouble : Mandchous, Russes, Anglais, et même Japonais se pressent sur le pas de sa porte et louvoient dans les couloirs du Potala. « L’ accord de Simla », qui devait être signé en 1913, signe en réalité le désaccord entre la Chine, le Tibet et l’Angleterre : la Chine ne cèdera pas le Tibet à l’Angleterre, le Tibet restera chinois ; plus tard, les Nations Unies approuveront. Suite à la Seconde Guerre Mondiale, les Anglais sont remplacés par les Américains sur le Toit du Monde, et les parties de bridge par des boîtes de biscuits à l’huile d’arachide offertes par le président Roosevelt. Cette fois, le jeune 14ème Dalaï Lama est tiraillé entre, d’une part, la Chine communiste qui lui fait miroiter le développement économique du Tibet et une relative autonomie dans les prises de décisions concernant la politique intérieure du Tibet, et d’autre part, les Etats-Unis qui lui promettent une sécurité financière et logistique et une complète indépendance dans un futur à déterminer. Somme toute, il préfère les biscuits, même à l’huile de cacahuète. En 1959, il prend ses cliques et ses claques et s’en va avec ses tambours et ses trompettes, plus quelques carpettes, on ne sait jamais si elles commençaient à léviter. Ce que le Bouddhisme est devenu au Tibet suite au départ du Dalaï Lama, quelle a été son évolution, ses périodes difficiles, sa reconstruction, le regain d’intérêt de la Chine pour le BT, tout cela est relaté dans la fin de la seconde partie du livre. Vous l’aurez compris, ce second chapitre est une étude historique, fruit d’un long travail de documentation (voir biblio). J’ai voulu écrire cette partie, plus ardue pour le lecteur, dans un style naturel et laissant apparaître une progression dans le récit.

Le dessert, comme tous les grands desserts, plonge d’abord l’assemblée dans un profond silence, un recueillement presque méditatif, mêlé d’une certaine gêne, pour exploser ensuite en un fou rire général et se terminer en une bonne humeur communicative. Bref, je me suis beaucoup amusé dans le dernier chapitre et pour cause : dérision et autodérision étaient les fils conducteurs de ce pamphlet. Il retrace l’étrange parcours que le BT connut en Occident. Au 19ème, il fut recueilli avec ferveur par Helena Blavatsky, fille d’un colonel tsariste, et mise en contact avec des maîtres tantriques dès son jeune âge. Grâce à ses soins attentifs, les rites du BT vont servir, parmi d’autres pratiques ésotériques, à calmer les frayeurs de la bourgeoisie face à la montée du Socialisme. Les successeurs de l’école de Théosophie fondée par Blavatsky ne sont autres que les nombreuses nébuleuses du New Age qui, dès le début du 20ème, défendront les thèses les plus « réactionnaires » : nostalgie des époques révolues, retour vers la terre-mère, culte de la race pure et des racines aryennes cachées dans les replis de l’Himalaya… un langage que l’idéologie nazie n’aura pas beaucoup de mal à récupérer avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pour le Dalaï Lama qui débarque en Europe fin des années 70, il valait mieux mettre ce passé récent au portemanteau des oubliettes. Avec l’aide de son généreux sponsor étasunien, il s’y est pris avec intelligence et patience : depuis 50 ans (un demi siècle !), la même histoire du pauvre roi-dieu déchu de son trône par l’horrible diable rouge à queue fourchue nous est servie au Mac Donald des mythes modernes, réveillant en nous le même archétype du bon père de famille qui acquit sa liberté et celle de son clan grâce à l’exil et à la souffrance, les mêmes clichés quant à la tolérance, la compassion, le détachement qui seraient les qualités innées du BT, le même déni systématique de l’histoire du Tibet, bref, le même manque de discernement dès qu’il s’agit de la question tibétaine.

Pourtant, dès qu’on se demande les raisons qui ont poussé les Etats-Unis à faire un tel cas de leur « citoyen modèle » (le Dalaï Lama vient de recevoir, des mains de G.W.Bush, la médaille d’or du meilleur citoyen américain, juste pendant que se tenait le congrès quinquennal du PCC !), la réponse est limpide : au lendemain de la « Grande Guerre », il était une effigie idéale pour soutenir la lutte contre le communisme chinois. Puis, dans la foulée de la guerre du Vietnam et du mouvement hippie, le Dalaï Lama a mis ses efforts dans un « retour aux sources du Bouddhisme », en nettoyant le BT de son aspect ésotérique et en le « philosophisant » (c’est depuis qu’on dit, chez nous, que le Bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie). Cela permit aux semi bourgeois intellectuels et post-68, que nous sommes, de ne plus « bêtement » croire en Dieu, mais d’adhérer au nouvel « athéisme qui embrasse l’absolu ». Qui plus est, le Bouddhisme, dans sa version dalaïste, ne demandait pas d’engagement, ce qui convenait parfaitement à notre egotisme.
Ce fut une étape délicate dans l’opération de séduction qu’entreprit le BT sur l’Occident intellectuel, mais ce fut une réussite, couronnée par un prix Nobel discerné au grand Dalaï en ’89, peu après les événements de la Place TianAnMen et la chute du Mur de Berlin ! Réussite totale pour le Dalaï Lama, à tel point qu’actuellement, une large majorité de la gauche intellectuelle, même celle qui se dit « progressiste » ou, encore plus, celle qui se dit « écologiste », et même en accord avec la droite (dont on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit intellectuelle) adhère sans réserve à ses discours. Mais si le Dalaï Lama met « l’Occident pensant » dans sa manche en utilisant sa propre religion, n’est-ce pas pour mieux servir les desseins des Etats-Unis : fragiliser la Chine, la déstabiliser de l’intérieur par nos assauts incessants du « politiquement correct », pendant que les troupes américaines installent leurs bases militaires tout autour des frontières chinoises.

TABLE des MATIÈRES


Introduction

Chapitre 1 : le Bouddhisme avant son entrée au Tibet


1.1. L’enseignement originel du Bouddha, le Dharma
Siddhârta Gautama, le Bouddha historique
La Transcendance bouddhiste : un Au-delà de la souffrance
Quelques originalités de la réflexion du Bouddha
Chapitre 2 : Histoire du Bouddhisme au Tibet
2.1. Paysages du Tibet avant l’arrivée du Bouddhisme
Le Plateau tibétain entre déserts, précipices et autres monstres sacrés
Le Bön, religion autochtone du Tibet
Première phase du Bön, reflet d’une société tribale et matriarcale
Polyandrie et démographie, de l’ancien Tibet au Tibet moderne


2.4. Expansion du Bouddhisme tibétain (12-13ème)
La dynastie mongole des Yuan annexe le Tibet à l’Empire chinois
Les Mongols se convertissent au Bouddhisme tibétain
Phagpa Rinpotché nommé « précepteur impérial du Tibet »
L’histoire du « Bardo Thödol », le « Livre tibétain des morts »
Le Bardo Thödol à l’occidentale
Le Bouddhisme tibétain s’étend aux steppes mongoles


2.8. Le Bouddhisme tibétain sous drapeau chinois (20-21ème)
En 1951, l’Armée Populaire de Chine arrive à Lhassa
Un début de règne difficile pour le 14ème Dalaï Lama
Le 14ème Dalaï Lama : « semi-bouddhiste, semi-marxiste » ?
Guerriers du Bouddha, soldats de la Libération et agents de la CIA sur le Toit du Monde
L’organisation de la résistance tibétaine est soutenue par la CIA
Exil du Dalaï Lama : forcé ou volontaire ?
Dharamsala, centre névralgique du mouvement pour l’indépendance du Tibet
Quelle démocratie à Dharamsala ?
La première bévue de la Chine : l’Arunachal-pradesh
La Révolution Culturelle, qu’eut-elle de « culturel » ? Bouddhisme ou marxisme : risque de dérapage des « ismes »
Une grave erreur du PCC : avoir voulu éradiquer les religions
Résurgence du Bouddhisme tibétain sur le Haut Plateau à partir des années 80
Chapitre 3 : Le Bouddhisme tibétain en Occident

« Les Quatre Nobles Vérités et le Sentier aux Huit Embranchements »
Le karma et la loi de « Cause à Effet »

1.2. Le Bouddhisme du Grand Véhicule, le Mahayana
Schisme fatal dans la communauté bouddhiste (1er AC)
Le Petit Véhicule se dirige vers l’Asie du Sud-Est
Le Grand Véhicule ouvre ses portes à l’ésotérisme
Principe de Vacuité, fondement des écoles du Grand Véhicule
Ecoles de la « Voie du Milieu » et de la « Pratique du Yoga »
La Vacuité bouddhiste et la physique quantique
Convergences entre Bouddhisme, Taoïsme et Relativisme
Divergences entre pensées bouddhiste et chinoise
D’où nous vient la pensée de la Transcendance ?
La poésie du « sentiment océanique »
Modèle chinois d’adoption de notre condition humaine

En Inde comme en Chine, le panthéon mahayaniste se multiplie
Le Tantrisme ou Vajrayana, ultime sursaut bouddhiste
« Expérimenter » : Voie tantrique vers l’Eveil
Le Tantrisme : paradis perdu ou enfer retrouvé ?
Fusion tantrique entre maître et disciple
Les divinités tantriques s’accouplent à leur shakti
Où donc se cache Siddhârta Gautama ?

1.3. Expansion du Grand Véhicule en Chine
Contexte de la Chine lors de l’arrivée du Bouddhisme (1er PC)
L’entré du Bouddhisme en Chine passe quasi inaperçue
Idéologie des Han lors de l’arrivée du Bouddhisme
La pensée holiste des Han, source d’inspiration pour le Tantrisme ?
A la recherche de l’unité perdue… ou acceptation de nos dualités ?
Le Bouddhisme s’installe en Chine grâce à sa confusion avec le Taoïsme
Le Bouddhisme, pacificateur des populations du Nord de la Chine (3-6ème PC)

Le JingTu, école bouddhiste la plus populaire en Chine
L’école du Vide, mais de quel « vide » s’agit-il ?
Au Sud, les avis sont partagés entre « gradualistes » et « subitistes »
Indianisation du Bouddhisme chinois et naissance du Tantrisme en Inde
Durant les Tang (7-9ème) : apogée du Bouddhisme chinois et contact avec le Tibet
Première répression du Bouddhisme en Chine : l’édit impérial de 845
Le MiZong, ou « l’école du Mystère », atteint le Tibet

Seconde phase du Bön, naissance d’une doctrine influencée par l’Hindouisme
Le yungdrung, ou swastika, emblème du Bön

2.2. Phase d’implantation du Bouddhisme au Tibet (7-9ème)
Le Bouddhisme chinois sert les ambitions de Songtsen Gampo, roi des Tubo
Les conquêtes des Tubo génèrent un changement de structure sociale
Le Bouddhisme, catalyseur du patriarcat tibétain
Padmasambhava, maître tantrique indien, devient le père du Bouddhisme tibétain
Première école du Bouddhisme tibétain : l’école des Nyingmapa
Troisième phase du Bön et sa division en blanc, noir et zébré
Fin de règne des Tubo et premières persécutions bouddhistes

2.3. Renaissance du Bouddhisme tibétain (9-11ème)
Le Bouddhisme tibétain se réinstalle peu à peu sur le Haut Plateau
Une floraison de nouvelles écoles : Sakyapa, Kagyupa, Kadampa, etcetera

Le tantra de Kalachakra ou du « Maître de la Roue du Temps »
Le Royaume de Shambala : mythe ou réalité ?
Le Kalachakra revendique son authenticité
L’Islam, ennemi principal du Bouddhisme tibétain
Quels sont les autres ennemis de la « Bonne Doctrine » ?
Le rituel de Kalachakra œuvre-t-il pour la paix dans le monde ?
Le Tibet, l’écrin précieux des trois Véhicules
La population du Tibet subit les sévices de Kalachakra

2.5. La réforme du Bouddhisme tibétain (14-15ème)
Tsongkapa, réformateur du Bouddhisme tibétain et fondateur des Bonnets Jaunes
Retour à un « Gradualisme » modéré pour l’école des Bonnet Jaunes
Les trois étapes de la Voie du Milieu
Mantra, mudra, mandala : voies sacrées de Réalisation
La petite porte du fond : voie douteuse vers la Réalisation
Le fulgurant succès des Bonnets Jaunes
Hiérarchie et discipline chez les Bonnets Jaunes
Le système des « tulkous » assure la succession et le maintien des biens

2.6. Le règne des douze premiers Dalaï Lamas (15 -19ème)
Le titre honorifique de « Dalaï Lama » est conféré par Altan Khan
Guerre civile entre écoles bouddhistes : le massacre de Drepung
Construction du palais du Potala sous le règne du Grand Cinquième

La dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) place le Tibet sous son contrôle
La compagnie de Jésus rencontre le Bouddhisme tibétain
Guerre civile pour un Océan de Sagesse : second massacre de Drepung
L’établissement du « kashag », assemblée gouvernementale tibétaine
Les Mandchous tracent les frontières de la province tibétaine
Code civil tibétain décrété par les Mandchous
Du 8ème au 12ème Dalaï Lama : un siècle meurtrier pour les Dalaï !
Au 19ème, le Bouddhisme tibétain doit composer avec L’Empire britannique
La Russie des Tsars contaminée par le tantra de Kalachakra

2.7. Le Bouddhisme tibétain sous influence occidentale (19-20ème)
Des slaloms périlleux pour le Grand Treizième !
Une demande d’indépendance du Tibet avancée par le 13ème Dalaï Lama
Quelle modernisation pour quel Tibet ?
L’héritage spirituel et temporel du Grand Treizième
Le Bouddhisme tibétain s’allie à l’impérialisme nippon

En 1940, intrônisation du 14ème Dalaï Lama

Les émeutes de 1987 et 1988 à Lhassa
Amélioration du niveau de vie pour les Tibétains
Sa Sainteté le Dalaï Lama, prix Nobel de la Paix
Un nouvel objectif pour le Dalaï Lama : la re-bouddhéisation de la Chine
L’encerclement de la Chine par les USA
La réponse de la Chine
Liberté de religion en République Populaire de Chine ? et le FaLunGong ?

3.1. Le Tibet, un mythe né en Occident
Quelques caractéristiques du Bouddhisme qui favorisent son implantation
Contexte idéologique de l’Europe lors de l’arrivée du Bouddhisme tibétain (19ème)
Le trait d’union : Helena Blavatsky, une étoile parmi les Tsars
La Société théosophique en marche contre le Matérialisme

Fin du 19ème, les touristes sont mal venus sur le Toit du Monde
D’Alexandra David-Neel à Lobsang Rampa, fils de plombier anglais
C.G. Jung et R. Wilhelm, un espoir pour l’orientalisme
Deux dissidents de la Théosophie : Krishnamurti et Steiner
Big Brother surveille les galaxies du Verseau
René Guénon : la « Tradition universelle » vient du Tibet !
Julius Evola ou le Bouddhisme tibétain au service du national-socialisme
L’Ahnenerbe en voyage initiatique au pays de Shambala
«…et si le Dalaï Lama devenait un criminel de guerre ! », dit le Dalaï Lama
Le mythe de la « bonne guerre », version zen
« Le sabre qui donne la vie » : une expression de D.T. Suzuki
Le Bouddhisme au service de la Guerre Froide
Golden sixties et beatnik : « let it be ! »
Durckheim et Herrigel, deux constructeurs d’ego

3.2. Usage postmoderne du mythe tibétain
La Bonne Doctrine s’implante au coeur de notre « matérialisme spirituel »
Chogyam Trungpa, précurseur de la vague dalaïste
La France, pays d’acceuil du Bouddhisme tibétain en Europe
Les mauvaises fréquentations du Dalaï Lama
Une fracture intellectuelle nécessaire à l’Eveil
Du génocide ethnique au génocide culturel
Bio branchés, BT-light ou dalaïstes convaincus : de quelle gauche s’agit-il ?
1989, l’année de tous les dangers… et de la naissance d’Arte
Les « aimables fadaises » du Dalaï Lama
Il faut un ego surdimensionné pour adhérer au Dharma
Le Bouddhisme tibétain joue la carte du « retour aux sources »
Bouddhisme et Christianisme : deux religions de salut
Les dialogues interreligieux : une internationale contre le relativisme

3.3. Critique de la bouddhomania actuelle

Phénoménologie bouddhiste et psychanalyse
Le Bouddhisme tibétain à la conquête du monde scientifique
Les pensées positives du Bouddhisme tibétain
Le dessein intelligent du Dalaï Lama
Le Bouddhisme tibétain jusqu’au cœur de nos écoles primaires
Bouddhisme tibétain et engagement social
« Se changer soi-même pour changer le monde »
Le Bouddhisme tibétain n’est pas une exception sur le marché des religions
Transcendance et concurrence en terre bouddhiste
Le marketing du Bouddhisme tibétain

Conclusion


Bibliographie

"Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants",
"édition L’Harmattan, collection « Recherches asiatiques », 2007
ISBN : 978-2-296-04033-5, prix : 25,50 €

Par auteurs


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Elisabeth Martens, jeudi 20 mars 2008

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« Tibetan and her Neighbours, A History », ouvrage collectif sous la direction d’Alex McKay, Ed. Hansjörg Mayer, 2003
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18 mars 2008

TIBET: TEMOIGNAGES DE TOURISTES DE RETOUR DE LHASSA

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De jeunes Tibétains déchaînés ont caillassé et battu des Chinois et ont mis le feu à des boutiques, avant que l’armée ne restaure le calme à Lhassa, la capitale du Tibet, ont raconté des touristes qui arrivaient de la région himalayenne. Voici quelques témoignages de retour du Tibet qui confirment, la thèse défendue par le gouvernement chinois, et qui de surcroît vont dans le sens de ce que j’ai essayé d’expliquer dans l’article sur “quelques informations”. Par ailleurs on peut s’étonner qu’en réponse aux accusations du gouvernement chinois d’avoir fomenté les troubles en vue du boycott des jeux olympiques, le Dalaï Lama ait répondu que si les “évenements échappaient au contrôle il démissionnerait.” S’agit-il effectivement par cette proposition d’une reconnaissance de la part du dalaï Lama d’avoir provoqué des manifestations qui créerait une “atmosphère” propice au boycott et ces manifestations ont dégénéré en meurtres et violences contre la population venue d’autres régions de la Chine et aujourd’hui majoritaire au Tibet ?

«C’était une explosion de colère des Tibétains contre les Chinois et les musulmans», a rapporté à l’AFP John Kenwood, un Canadien de 19 ans qui a décrit des scènes d’une violence extrême. Selon son récit et celui d’autres touristes qui sont arrivés aujourd’hui par avion à Katmandou, la capitale du Népal, des bandes de jeunes ont battu et roué de coups des Chinois hans, accusés par les Tibétains de détruire leur culture et leur mode de vie par leur arrivée massive dans la région.

Le jeune Canadien affirme ainsi qu’il a vu vendredi quatre ou cinq Tibétains caillasser et frapper «sans pitié» un motocycliste chinois. «Ils ont fini par le mettre à terre, ils l’ont frappé sur la tête avec des pierres jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Je pense que ce jeune homme a été tué», relate-t-il, sans être sûr que la victime soit morte.

Le gouvernement tibétain en exil a affirmé aujourd’hui que le bilan «confirmé» du nombre de victimes des récentes violences au Tibet s’élevait à 99 morts. Pékin a assuré de son côté que «13 civils innocents» avaient été tués et a affirmé ne pas avoir tiré de coups de feu pour mettre fin aux émeutes.

«Tous ceux qui avaient une apparence de Chinois étaient attaqués»

Les Tibétains «jetaient des pierres à tous ceux qui leur tombaient sous la main», ajoute John Kenwood. «Les jeunes agissaient et les vieux les encouragaient en criant, en hurlant comme des loups. Tous ceux qui avaient une apparence de Chinois étaient attaqués», confirme Claude Balsiger, un touriste suisse de 25 ans.

«Ils ont attaqué un vieil homme chinois qui passait sur sa bicyclette. Ils l’ont frappé très violemment sur la tête avec des pierres, de vieux Tibétains sont intervenus pour les arrêter», détaille-t-il.

John Kenwood a assisté à une scène de sauvetage similaire survenue alors qu’un Chinois demandait grâce à une foule armée de pierres. «Ils lui donnaient des coups de pied dans les côtes, il avait le visage en sang», raconte-t-il. «C’est alors qu’un homme blanc est arrivé (…) et l’a aidé à se relever. Il y avait autour d’eux une foule de Tibétains, pierres à la main; il a gardé le Chinois près de lui, a fait des gestes vers la foule, et ils l’ont laissé emmener le vieil homme en sécurité».

A l’écoute de ces récits de touristes, un porte-parole du gouvernement tibétain en exil, Thubten Samphel, a qualifié ces violences de «très tragiques». Les Tibétains «ont reçu pour consigne de de pas utiliser la violence dans leur combat», a-t-il dit à l’AFP par téléphone.

Les manifestations ont débuté le 10 mars, à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa en 1959. Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine. L’armée a notamment ordonné aux touristes de rester dans leur hôtel d’où, selon leurs dires, ils ont pu entendre des coups de feu et les détonations de grenades lacrymogènes.

Lundi, les touristes étaient à nouveau autorisés à circuler mais régulièrement, ils devaient montrer leur passeport à des points de contrôle. «Les magasins étaient complètement brûlés. Toutes les marchandises étaient dans la rue, brûlées. De nombreux bâtiments étaient vides», témoigne Serge Lachapelle, un touriste canadien. «Le quartier musulman était complètement détruit, toutes les boutiques étaient détruites», déclare John Kenwood.

Édité par Danielle BLEITRACH sur http://socio13.Wordpress.com

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DE LA VIOLENCE

MAI_68_VOTE Dans les traversées de crises aussi graves que celle d'aujourd'hui, une des pires choses est le manque de lucidité. Mais pire encore que ce pire est le refus, la négation de cette lucidité, quand celle-ci nous aveugle. Confusément ou non, on SAIT, mais on se refuse à croire, à voir, à admettre l'évidence. Par peur, parce que cette évidence dépasse ce que notre raison est prête à accepter, parce que nous nous laissons enfumer docilement par les appels à une prétendue "modernité", parce que nous sommes d'indécrottables optimistes quant aux ressources salvatrices de la nature humaine. Je suis persuadé que beaucoup pressentent désormais un dénouement douloureux à notre tragédie, une issue qui ne viendra pas des urnes, mais de la rue. Un passage obligé par un épisode violent.

Car enfin, il n'est que de constater que notre démocratie n'existe plus, totalement dévoyé par ceux-là mêmes qui s'en sont emparé et ne s'en servent que comme commode paravent. Ceux-là, avec l'aide appuyée des médias soumis aux puissances d'argent, nous imposent les candidats, et par conséquent les dirigeants qui leur sont acceptables, ne tolèrent que les opposants inoffensifs. L'actuel va-et-vient éhonté des ambitieux entre les différents partis politiques illustre crûment cette déviance. Toute tentative d'incursion subversive par les voies du système sera impitoyablement tenue à l'écart et marginalisée.

Nous ne sommes même plus dans des États de droit. Dans les pays de l'Empire, on ne compte plus les exactions et les forfaits dont les populations sont victimes. En France où, nous dit-on, les caisses de l'État sont dramatiquement vides, les quarante voleurs du CAC 40 ont dégagé en 2007 le bénéfice net historique de 97 milliards d'euros, des petites bandes de voyous détestables pillent ouvertement et en totale impunité dans les caisses (caisse noire de l'UIMM/MEDEF, augmentation faramineuse des revenus patronaux, indemnités obscènes de départ ou de licenciement), quelques centaines de dégueulasses privilégiés planquent leurs sales magots dans les paradis fiscaux du Lichenstein ou d'ailleurs[1]. Pendant ce temps, des "violences" inqualifiables sont exercées jour après jour sur la population : rafles et centres de rétention pour étrangers sans papier, désintégration du contrat de travail et des droits élémentaires à la santé, à la culture, à l'éducation, démantèlement de tous les services publiques, précarisation et paupérisation des salariés, flot grandissant des sans-logis, ghettoïsation des banlieues et de leurs habitants...

Pour protéger ses fondations en péril, il est clair que l'Empire ne reculera devant aucune extrémité, aussi violente soit-elle. Ce n'est même plus une anticipation, mais une réalité concrète. En témoignent les guerres d'Irak ou d'Afghanistan, les agressions colonialistes de l'État d'Israël, le sabordage brutal de toutes actions conciliatrices en Colombie, avec l'intervention récente de ce pays contre les FARC sur le territoire de l'Équateur voisin.

En viendrait-on à passer "démocratiquement" entre les mailles de cette muraille, que l'Empire ne laisserait jamais l'intrus ronger, même en toute légitimité, ses pouvoirs de l'intérieur. Non respect de la décision populaire comme cette lamentable affaire du traité de Lisbonne, dénigrement systématique des pouvoirs démocratiquement élus mais considérés comme hostiles (Hugo Chavez, Evo Morales...), voire négation pure et simple de ces pouvoirs légitimes (l'élection du Hamas palestinien, par exemple[2]).

Face à ces insupportables agressions qui tiennent du gangstérisme pur et simple, il est devenu indécent de faire l'autruche et de siffloter en détournant le regard. Sauf à croire que le système s'effondrera de lui-même pour faire place à une miraculeuse équipe de substitution (révolutions des Œillets portugais en 1974 ou de Velours tchécoslovaque en 1989), chose possible mais bien peu probable, mieux vaut se faire sans tarder aux pires éventualités. Les salauds ne laisseront pas le choix. On ne répond pas à la violence en offrant sa poitrine aux baïonnettes. Ces réactions de violence sont d'ailleurs d'ores et déjà des réalités tangibles. Les récentes émeutes de banlieues, où l'on sort désormais les fusils, en sont un exemple symptomatique, même si elles expriment encore moins une révolte qu'une expression de désespoir suicidaire (les émeutiers retournent leur colère contre leur propre monde, écoles, bibliothèques, voitures...). N'en déplaise aux bien-pensants indignés, non seulement ces émeutes étaient prévisibles, mais il est même étonnant qu'elles ne soient pas plus fréquentes.

Je comprends que cela puisse poser question à beaucoup d'entre nous. Éternel débat sur la violence ou la non violence ? Faut-il rappeler que l'icône de la non violence, le Mahatma Gandhi, limitait l'application de celle-ci à l'apparition de la lâcheté : "Entre la violence et la non violence, je choisis la non violence. Mais entre la violence et la lâcheté, je choisis la violence."

En 1948, dans une réponse à Emmanuel d'Astier de la Vigerie qui lui reprochait de plaider pour la non violence tout en passant sous silence les crimes commis par les États-Unis[3], Albert Camus écrit :

"Ce n'est pas me réfuter en effet que de réfuter la non violence.

(...) Je ne pense pas qu'il faille répondre aux coups par la bénédiction. Je crois que la violence est inévitable, les années d'occupation me l'ont appris. Pour tout dire, il y a eu, en ce temps-là de terribles violences qui ne m'ont posé aucun problème. Je ne dirai donc point qu'il faut supprimer toute violence, ce qui serait souhaitable, mais utopique, en effet. Je dis seulement qu'il faut refuser toute légitimation de la violence, que cette légitimation lui vienne d'une raison d'État absolue ou d'une philosophie totalitaire. La violence est à la fois inévitable et injustifiable. Je crois qu'il faut lui garder son caractère exceptionnel et la resserrer dans les limites qu'on peut."

Tout est dans la distinction entre cet "inévitable" et ce "injustifiable". Nuance pas si évidente à percevoir dans la réalité des faits. Camus et d'Astier de la Vigerie dénonçaient chacun à leur façon la violence et les crimes commis au nom d'une idéologie, qui se réclamait alors du peuple pour l'une, de la "liberté" pour l'autre. Les deux avaient raison. Mais les émeutiers de banlieue, pour prendre cet exemple, n'invoquent aucun courant de pensée, aucune philosophie. Nul ne saurait décemment les "justifier". Mais qui oserait prétendre que leurs manifestations de colère n'étaient pas "inévitables" ?

Devant le sombre avenir qui nous préoccupe dès à présent, il est primordial que chacun ait l'esprit bien clair sur le sujet. On doit toujours, je pense, s'interdire de "légitimer" la force ou la violence pour imposer une idée ou un système, aussi juste et idéal soient-ils. Mais il est de notre devoir de nous refuser avec la même obstination et la même fermeté à ce qu'on nous impose la démarche inverse, à ce que des bandits, même sous couvert d'une légalité de façade, nous spolient de nos droits et de notre dignité. Si la non violence est préférable et doit toujours être privilégiée, le recours à des actions musclées, s'il demeure "injustifiable", peut hélas parfaitement s'expliquer. Il est à craindre que nous nous dirigions aujourd'hui, de façon de plus en plus "inévitable", vers le moment des décisions difficiles. Ceux qui nous contraindront à cette légitime défense en porteront l'entière responsabilité.

Le Yéti.

Notes

[1] Il est piquant de voir que dans cette affaire du Lichenstein, un des premiers filous pincés serait l'ex-judoka David Douillet, le roi de la pièce jaune pour les nécessiteux et du trémolo compassionnel dans les émissions télé caritatives. (Source : Bakchich.info.)

[2] Le problème n'est pas ici de savoir ce que l'on pense de chacun de ces pouvoirs, Hamas, personnalité de Chavez..., mais de constater un état de fait.

[3] Merci à MC, dite aussi "Jardin", qui m'a fait découvrir ce texte.

http://www.yetiblog.org

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RESF & LES DOUZE SALOPARDS

La_face_cachee_de_Reporters_sans_frontieres Le 12 mars 2008, le directeur de la Division de la liberté d’expression, de la démocratie et de la paix de l’UNESCO (organisation de l’ONU pour l’éducation, les sciences et la culture), a notifié en termes diplomatiques que l’UNESCO retirait son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet, organisée par Reporters sans frontières.

Il s’agit là d’un refus cinglant de s’associer aux activités envisagées par RSF, dont l’UNESCO « n’a pas eu connaissance et qu’elle ne peut reprendre à son compte », assorti d’une dénonciation de l’utilisation abusive « du logo de l’UNESCO ».

RSF en tribunal de l’inquisition.

Selon l’agence Prensa Latina citant des sources diplomatiques de l’ONU, la conduite de RSF n’est pas conforme au positionnement de l’UNESCO ; elle démontre son intérêt pour le sensationnalisme et son objectif de s’ériger en tribunal de l’inquisition contre des nations en voie de développement.

Toujours selon l’agence, des diplomates de l’ONU, qui ont demandé à conserver l’anonymat, tiennent pour définitive la rupture des relations avec RSF. l’UNESCO exclurait « tout type de collaboration dans le futur ».

Bizarrement, ont confié les diplomates, la liste noire de RSF ne compte aucun pays occidental, mais seulement des pays du Tiers monde.

Incroyable partialité.

S’il fallait donner un seul exemple de l’incroyable partialité de RSF, prenons celui-ci :

Les Etats-Unis, qui exercent un contrôle mondial sur Internet, interdisent à Cuba de se connecter par câble. Le coût des communications, par satellite, s’en trouve quadruplé. Ce pays pauvre assure une intense activité de formation de tout son peuple en informatique mais, s’agissant d’Internet, accorde une priorité (pas une exclusivité !) aux besoins vitaux (liaisons entre administrations, secteurs de santé, défense, éducation, recherche…).

Cette pénurie est en grande partie la conséquence d’un blocus des USA contre la petite île des Caraïbes, mesure condamnée chaque année par l’ONU. Le 30 octobre 2007, 184 pays (contre 4) ont voté pour sa levée.

Au mois d’octobre dernier, un voyagiste européen organisant des séjours à Cuba a constaté que 80 de ses sites Internet ont cessé de fonctionner. Ils avaient été placés dans la liste noire du Département du Trésor (US) et son hébergeur de nom de domaine avait dû les désactiver. L’Office of Foreign Assets (OFAC) est un bureau de contrôle US qui peut faire clore des sites hors des USA. Cette censure est une des mesures visant à accroître le blocus.

Posons maintenant que le niveau de liberté des Internautes cubains n’est pas suffisant. Ne faudrait-il pas, en le disant, dire aussi que quiconque les muselle depuis l’extérieur est liberticide ? RSF ne le fait pas, pas plus qu’elle ne tient compte, pour condamner d’autres pays pauvres, de la situation économique, politique, militaire, etc. On ne peut imposer aux pays du tiers monde, en vrac, même à ceux qui sont ruinés, sans infrastructures, menacés sur leurs frontières, confrontés à la guerre civile, qu’ils usent d’Internet comme le fait la France, grande puissance, pays riche aux frontières sûres et dotée de l’arme atomique. L’absence de mise en perspective, la décontextualisation, traduisent un parti pris et condamnent à l’impuissance les partisans d’une libéralisation nécessaire, lesquels ne sont pas tous absents des gouvernements des pays condamnés par RSF.

Le camouflet infligé par l’UNESCO n’est pas une première. Ci-dessous, on en trouvera d’autres de différentes natures, à imputer à des entités ou individus qui pourraient entrer dans la catégorie des « salopards », pour reprendre une terminologie Rsfienne (voir plus bas) qui reproche avec élégance à l’UNESCO, sa « lâcheté » pour s’être « déculottée ».

Les douze salopards.

1- Carl Gershman, le premier président de la NED (qui finance RSF) avouait en 1986 « Il serait terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d’être vus comme subventionnés par la CIA [….]. C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la fondation (la NED) a été créée ».

2 - Allen Weinstein, qui a travaillé à la rédaction des statuts de la NED, déclarait en 1991 : « Beaucoup de ce que nous faisons maintenant a été fait en secret par la CIA il y a 25 ans ».

3- En 1994 Rony Brauman, un des fondateurs de RSF dénonçait le « climat pourri » qui règne dans l’association, notre dépendance à l’égard de la Commission européenne… ». Brauman déplorait également l’autoritarisme de Robert Ménard et la « dictature domestique qu’il fait régner sur RSF ».

4- l’hebdomadaire Marianne du 5/11 mars 2001 qualifie sarcastiquement de « formidable» et de « courageux » les propos de Ménard : Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie et au Gabon et les ambiguïtés des médias algériens ou tunisiens…mais de ne pas nous occuper des dérives françaises. »

5- Le 20 mai 2003, l’ONU, a pris des sanctions sans précédent contre Reporters sans frontières, suspendue pour une période d’un an du Comité des Organisations Non Gouvernementales, organe du ECOSOC chargé de superviser le travail des ONG qui jouissent de relations consultatives dans le domaine économique et social des Nations unies.

6 - Le 9 juillet 2003, RSF a été condamnée par la Justice française pour détournement de la célèbre photo du Che par Korda. Le 10 mars 2004, RSF a été à nouveau condamnée pour non respect de la décision judiciaire.

7- En décembre 2003, RSF a été déclarée persona non grata lors des Sommets Mondiaux sur la Société de l’Information (SMSI) à Genève, puis en novembre 2005 à Tunis. Ces sommets sont organisés par l’Union internationale des télécommunications (UIT), agence spécialisée des Nations unies. « Je suis furieux » déclare alors Robert Ménard. Et d’ajouter : « J’attends que ces faux culs des Nations unies prennent leurs responsabilités » (Agence France-Presse, 16 novembre 2005). Au Club de la presse Suisse, il a alors traité les chefs d’Etats visés par RSF de « salopards ».

8- le 15 janvier 2004, la famille du cameraman espagnol José Couso, assassiné par un tir délibéré d’un char US contre son hôtel à Bagdad, exige que RSF se retire du dossier pour clause de flagrante complaisance envers les tueurs. Après enquête, RSF avait conclu que les trois militaires impliqués n’étaient pas coupables.

9- Le 16 janvier 2007, le juge madrilène Santiago Pedraz a émis un mandat d’arrêt international pour l’«assassinat » de José Couso à l’encontre de trois militaires américains acquittés par RSF.

10- le 13 avril 2006, le Figaro écrivait : « L’économie vénézuélienne est depuis deux ans la plus dynamique d’Amérique latine. Le produit intérieur brut (PIB) a crû de 17,9% en 2004... », contredisant un abrupt jugement politicien de Ménard à Miami (Nuevo Herald, 21 janvier 2004) : « Le gouvernement de Hugo Chávez est un échec, une catastrophe économique de promesses non tenues ».

11- Le 2 avril 2007, Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères était en visite à Cuba. C’est le plus haut responsable gouvernemental de l’UE à se rendre sur l’île depuis cinq ans. L’Espagne se moque ainsi de la proposition de Robert Ménard, rapportée par El Nuevo Herald du 20 janvier 2004 : « N’a-t-on pas bloqué l’accès aux comptes que les terroristes avaient dans les banques européennes. Pourquoi ne peut-on pas faire cela dans le cas de Cuba ?»

12- Et l’UNESCO (voir plus haut).

Heureusement il y a les amis.

Il reste à RSF la complicité de la quasi-totalité de la presse française, la générosité des oligarques qui la contrôlent et de quelques officines écrans de la CIA ainsi que les encouragements des Colin Powell qui, dans son rapport « Commission for Assistance to a free Cuba « (458 pages) remis à Bush en mai 2004, en appelle à chaque page aux ONG et n’en cite qu’une en exemple (dès la page 20), le bon élève : Reporters sans frontières (associating Reporters Without Borders).

Maxime Vivas

(Une partie des informations de cet article est puisée dans mon dernier livre : « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » Editions Aden).


De : Maxime Vivas, samedi 15 mars 2008

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12 mars 2008

VITRY-LE-FRANCOIS: LA NOUVELLE MUNICIPALITE...

VITRY_5 Quand on regarde l'ensemble des listes qui brigaient la Mairie avant le 9 mars, on s'aperçoit que la moyenne d'âge des candidats était de 46 ans et 1 mois et que 60,6% des conseillers sortants avaient envie de "repiquer". 49,2% des candidats étaient des femmes et 50,8% des hommes...

Ce qu'il est sorti des urnes donne, par une curieuse alchimie, une moyenne d'âge de 50 ans et 4 mois, avec 27,3% de conseillers sortants et 48,5% de femmes pour 51,5% d'hommes.

La représentation sociologique donne le pannel suivant:

- cadres, administrateurs, gérants, chefs d'entreprise... 13 (39,4%);

- enseignants, éducateurs, etc.                                       5 (15,1%);

- médecins...                                                                 2 (6,1%);

- employés...                                                                 7 (21,2%);

- étudiant                                                                      1 (3%);

- techniciens                                                                  2 (6,1%);

- femmes au foyer                                                         3 (9,1%).

À noter qu'on ne trouve plus d'élu communiste dans cette municipalité "de gauche" alors que le PCF a fait 10,4% sur la ville aux cantonales (Vitry-Est) et 6,2% sur le canton entier. L'élu communiste sortant (et candidat aux cantonales) venait d'accomplir 3 mandats avec le nouveau maire Jean-Pierre BOUQUET, 12 ans dans la majorité et 7 ans avec lui dans l'opposition. Quelle reconnaissance ! Il faudra s'en re-souvenir à l'avenir !

NOSE DE CHAMPAGNE

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10 mars 2008

CHEZ NOUS, À VITRY-LE-FRANÇOIS CAPITALE DU PERTHOIS C'EST FAIT !

PS On lui a mis une bonne gifle: le candidat PS fait au 1er tour près de 51,5% et emporte 26 sièges,UMP contre la droite sortante divisée qui fait 30,5% pour l'ancien maire et 5 sièges et presque 13% et 2 sièges pour le vizir qui voulait devenir calife à la place du calife.

Sarkozy reçoit donc la gifle que nous voulions lui donner…

De plus, la "4° liste" (celle de LO+des militants PC à titre individuel et d’autres) obtient environ 5,25% et rate de peu 1 siège à cause de la répartition à la plus forte moyenne qui désavantage les "petites listes". Ce qui est rassurant, c'est que plus de 5% des citoyens de notre ville ont été capable de dire haut et fort que la représentation de tous les citoyens uniquement par des bourgeois (même si ce sont des bobos), ce n'est pas inéluctable.

Par ailleurs, elle montre que le PCF (qui n'aura pas de représentation dans la nouvelle municipalité pour la première fois depuis des décennies), n'était pas obligé de se diluer dans une liste avec un PS dominateur et hégémonique au 1er tour, ne serait-ce qu’à Vitry-le-François)…

LOGO_PCF Il y a une place pour une force communiste à Vitry-le-François, à condition de s’ancrer surLO le terrain, hors des stratégies politiciennes d’échanges et de gages mercantiles à l’échelle départementale ou régionale.

Demain, c'est lundi: la lutte continue, autrement. On est content, on a fait un pas en avant ! Bon courage à tous !

NOSE DE CHAMPAGNE

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08 mars 2008

REPRÉSENTATION SOCIOLOGIQUE… ET DÉMOCRATIE MUNICIPALE

VIVE_LA_COMMUNE C’est instructif de scruter la composition des listes aux élections municipales. Quand on observe les répartitions par professions, par âges, par genres, par « apparence physique » ou sonorité des noms (ce qu’on appelle joliment « les minorités visibles »), par responsabilités dans la municipalité sortante…

La distribution de toutes ces particularités selon les appartenances des têtes de liste suscite la réflexion. C’est ainsi que la distribution sur les 4 listes en présence à Vitry-le-François donne les résultats suivants:

Items: Liste (LO+PC...); Liste (PS+PC…); Liste (UMP+NC...); Liste (UMP+NC+MODEM…);

Joëlle Bastien; Jean-Pierre BOUQUET; Michel BIARD; Alain LACOINE;

(jamais élue); (ancien maire); (maire sortant); (adjoint sortant);

Chefs d’entreprise, 01 ( 03%); 10 (30,3%); 11 (33,3%); 19 (57,5%);

Administrateurs,

Cadres...

Enseignants, 02 (06,1%); 07 (21,2%); 02 (06,1%); 02 (06,1%);

Éducateurs…

Médecins, /; 01 (03%); 04 (12,1%); 02 (06,1%);

Pharmaciens,

Infirmiers…

Professions libérales, /; 04 (12,1%); 03 (09,1%); 02 (06,1%);

Commerçants…

Exploitants /; /; 01 (03%); /;

Agricoles...

Ouvriers, 17 (51,5%); 08 (24,2%); 05 (15,1%); 04 (12,1%);

Employées...

Chômeurs… 07 (21,2%); /; /; /;

Étudiants, 06 (18,1%); 01 (03%); 01 (03%); 01 (03%);

Lycéens...

Femmes au /; 02 (06,1%); 03 (09, 1%); 01 (03%);

Foyer…

Militaires, /; /; 03 (09,1%); 02 (06,1%);

Policiers,

Pompiers…

Élus sortants /; 05 (15,1%); 08 (24,2%); 07 (21,2%);

« Minorités 06 (18,1%); /; /; /;

Visibles »

Femmes 17 (51,5%); 16 (48,5%); 16 (48,5%); 16 (48,5%);

Hommes 16 (48,5%); 17 (51,5%); 17 (51,5%); 17 (51,5%);

Moyenne d’âge 37 ans 2 mois; 48 ans 7 mois; 53 ans; 45 ans 8 mois…

Membres du PCF 4; 1(élu depuis 19 ans); /; /...

Eh bien, moi je trouve qu’elle est belle notre liste majoritaire d’ouvriers et d’employés ! Il y a 25 ans, quand le parti « se bougeait le cul », il était capable de sortir une liste aussi belle avec seulement des camarades encartés.

Aujourd’hui, les camarades de LO descendus de Reims ont puissamment aidé à la monter, rien qu’au porte à porte ! Les cocos, on sait plus faire ? Ah, c’est vrai, il faut remettre pieds dans les quartiers et dans les entreprises… Et c’est pas facile quand, enseignant ou autre bobo, on pense que la classe ouvrière n’existe plus !

Allez, Joëlle, on tient le bon bout !

NOSE DE CHAMPAGNE

Posté par NOSE 2 CHAMPAGNE à 20:32 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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