LE MERLE MOQUEUR

C'est mon avis et je le partage !

29 février 2008

LA SALAMANDRE ET LE PARTISAN D’UN ORDRE MUSCLÉ…

SHADOK_2 Je sais bien que ce n’est pas à un lecteur primaire de rédiger la rubrique « La Salamandre bavarde » et que chacun ne peut pas décemment revendiquer les privilèges accordés à Monsieur Pascal Erre.

Pourtant, je trouve bien étonnant ce petit billet de la Salamandre aujourd’hui. Il permet donc à Monsieur Erre de mener tranquillement campagne à la fois à Châlons et à Vitry, cité dans laquelle il n’est pas précisément candidat.

Etonnante aussi, à mes yeux, sa conception d’un électorat « captif »…

Enfin, puisque nous vivons le temps des révélations, j’y vais aussi de mes confidences. Comparant la liste de Monsieur Bouquet et celle de Joëlle Bastien, et en tant qu’ancien premier secrétaire de la section du parti communiste de Vitry-le-François, je découvre trois fois plus d’adhérents du PCF sur la liste de Joëlle Bastien que sur celle de Jean-Pierre Bouquet.

Il est vrai que les ressortissants de la France « d’en bas » sont plus en sympathie sur la liste qui les accueille que sur celle qui n’en a pas eu le temps, étant déjà bouclée.

NOSE DE CHAMPAGNE

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LA SALAMANDRE BAVEUSE…

LA_SALAMANDRE_BAVEUSE__L_UNION_PAGE_2__DU_29_FEVRIER_2008 Les municipales à Vitry-le-François, c’est 4 listes, le FN ayant décidé que la droite vitryate portait aussi bien ses « valeurs » que les coupons des actionnaires.

Les 3 listes - Biard (UMP), Lacoine (apolitique + UMP + NC), Bouquet (PS) - qui se sont déclarées les premières, c’est à dire avant la période officielle, ont bénéficié d’une « couverture » éditoriale sans précédent (« Une » de l’édition vitryate sur le débat et une demi-douzaine de page 2), les propulsant dans un statut de « listes officielles », comme sous Napoléon III.

Leurs programmes ont été détaillés chapitre par chapitre (loisirs-culture, logement-cadre de vie, transports, emploi, etc.) et comparés les uns aux autres, au point que « L’UNION » a mieux communiqué sur leur programme que chacun d’entre eux de l’a fait soi-même.

En revanche, la « 4° liste » a bénéficié en tout et pour tout d’une simple présentation de sa composition et d’un portrait succinct de sa tête de liste… Jusqu’à ce vendredi 29 février, où l’ancien chef des candidats FN à Vitry s’est vu autoriser un « droit d’inventaire » sur cette 4° liste. Il s’est donc permis d’y jeter l’opprobre, sans aucun droit de réponse !

Que l’électorat de cette 4° liste soit pour une bonne part protestataire, quoi de plus normal ? Que ce soit un électorat considéré comme « captif », quoi de plus insupportable pour un démocrate !

Qu’en pleine campagne électorale (à 8 jours à peine du 1er tour), un organe de presse se prête à cette manœuvre déloyale, faisant fi des règles d’égalité républicaine, cela a de quoi inquiéter.

NOSE DE CHAMPAGNE

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24 février 2008

Éléments de réflexion sur l'existence du PCF

Photo038 Intervention liminaire de Marine Roussillon à l'Assemblée générale des communistes du 5e arrondissement le 29 septembre 2007.


L’échec des présidentielles a amené beaucoup de dirigeants communistes à se poser la question de l’existence du PCF. La France a-t-elle encore besoin d’un Parti communiste ? Il faudrait pouvoir interroger l’analyse qui est à l’origine de cette question, et chercher à déterminer les causes du très mauvais score de Marie-George Buffet aux présidentielles. Je l’ai fait ailleurs, et je me contenterai ici de clarifier les termes de la question : pourquoi l’existence du PCF est-elle en jeu ? Qu’est-ce au juste que le PCF ? Par quoi veut-on le remplacer ?

1. L’existence du PCF, un enjeu du Congrès



Dès le lendemain des présidentielles, un Congrès extraordinaire a été annoncé, dont l’enjeu essentiel est la disparition ou la rénovation du PCF. Le questionnaire envoyé à tous les adhérents en août dernier en témoigne. Il remet clairement en cause la référence au communisme, en demandant : « Quel sens donner aujourd’hui au mot communisme ? Quelle est l’image de ce mot dans l’opinion ? Faut-il continuer à s’y référer ? Le projet communiste ne se définit-il pas principalement « en creux », n’est-il pas d’abord anti avant d’être pour? » Et il n’hésite pas à poser la question de la disparition du PCF au profit d’un nouveau parti : « Peut-on concevoir, à partir du potentiel communiste, militant, historique et intellectuel, son propre dépassement pour poursuivre un projet politique d’émancipation humaine, de visée communiste ? Comment concevoir son rôle d’organisation politique ? Doit-il changer de nom, de mode d’organisation ? La forme « parti » est-elle à revisiter ? Faut-il aller vers la création d’un nouveau parti ? »

On retrouve ici des thèses qui sont celles d’une frange du Parti depuis plusieurs années déjà, autour de Roger Martelli, Patrick Braouezec, etc. La nouveauté aujourd’hui est que ces thèses semblent avoir gagné l’ensemble de notre direction. Marie-Pierre Vieu, membre du CN, amie de Robert Hue, et candidate à la succession de Marie-George Buffet, déclarait ainsi dans L’Humanité du 1er septembre : « il nous faut encore être lucides sur le fait qu’il va nous falloir évoluer, que le PCF pour une large partie de l’opinion est lié à un modèle vécu aujourd’hui négativement, au point de masquer notre apport exceptionnel à la société française. À rester emprisonnés dans des ornières, nous passerions à côté de l’essentiel : être à même d’ouvrir la voie politique révolutionnaire de notre temps. C’est pourquoi, restons attentifs et ouverts aux réflexions et expériences en cours de refondation de la gauche ; j’ai en tête plus particulièrement l’Allemagne et l’Italie. »

Jean-Claude Gayssot
Cette position n’est pas l’apanage des proches de Roger Martelli d’un côté, et de Robert Hue de l’autre, puisque Patrice Cohen-Séat, très proche collaborateur de Marie-George Buffet, vient de sortir un livre qui prône la création d’une nouvelle force politique. Il formule ainsi les problèmes liés à cette création : il faut que « les partisans de l'émancipation humaine constituent un parti distinct » (mais ce n'est pas un parti communiste) « qui se rassemble avec d'autres dans un « front ». Ce front doit-il être « une fédération ou une confédération? » Ou faut-il « créer un parti au sein duquel chaque composante trouve sa place spécifique dans un ensemble fondé sur le projet commun? », sur le modèle par exemple de Die Linke en Allemagne (p.217).

Olivier Dartigole
Créer un nouveau parti, pourquoi pas ? Il est vrai que la droitisation continue du PS ouvre un espace à gauche pour un nouveau parti social-démocrate, comme Die Linke en Allemagne. Mais tous ces projets se font sur les ruines du PCF : tous ceux qui veulent créer ce nouveau parti veulent le faire en profitant de l’apport humain, militant, immobilier et financier du PCF. La question que nous devons-nous poser est donc claire : Pouvons nous prendre le risque de faire disparaître le PCF ?

Cette question implique de nous accorder sur une analyse de l’évolution de la société française et du déclin électoral du PCF. Je ne vous proposerai pas ici mes réflexions sur ce sujet. Je vais simplement essayer de clarifier cet enjeu existentiel en tâchant de définir ce qui fait la spécificité du PCF, et ce par quoi on nous propose de remplacer cette spécificité.

2. Qu’est-ce que le PCF ?
Je n’aborderai pas pour commencer la question du nom du Parti, question largement symbolique. Change-t-on d’image en changeant de nom ? Perd-on son identité en changeant de nom ? J’essaierai plutôt d’éclaircir ce que désigne ce nom « Parti communiste Français ».

Le projet communiste
Le Parti Communiste Français est né en 1920 d’une scission avec la SFIO, non pas tant sur la question de l’adhésion à la Troisième Internationale que sur des questions de projet. Le projet communiste est un projet de dépassement du capitalisme par l’abolition de la propriété privée des moyens de production et d’échange et la mise en place d’une véritable démocratie sociale. Ce projet est fondé sur une analyse de la société qui fait de la lutte des classes le moteur essentiel de l’histoire. Le PCF s’inscrit dans l’antagonisme entre classe ouvrière et bourgeoisie : il est le parti de la classe ouvrière.

C’est la première spécificité du Parti communiste.

Le projet communiste est menacé par les volontés de refondation. En effet, le nouveau parti n’est jamais défini comme un parti communiste : il s’agit de rassembler au-delà des communistes (avec ou sans carte). On évoque donc un parti progressiste, anti-libéral, de gauche, pour l’émancipation humaine… Dans tous les cas, il s’agit de renoncer au projet communiste.

Ce renoncement est, pour certains, justifié. Patrice Cohen-Séat, dans son ouvrage L’avenir d’une espérance, ne cache pas qu’il estime le projet communiste dépassé. Il récuse le qualificatif de « marxiste » et remet en cause les fondements même de la lutte des classes : « Même ceux qui ont voulu innover en avançant la proposition d'"autogestion" sont restés dans le cadre de l'opposition entre actionnaires et salariés d'une entreprise alors qu'il est de simple bon sens que la gestion des entreprises - principalement des plus grandes - combine des intérêts particuliers (du capital, du travail...) et l'intérêt général de la collectivité ».

Nous devons donc répondre à cette première question. Faut-il abandonner l’ambition de dépasser le capitalisme, l’analyse de classe et donc le PCF comme parti de classe ? Faut-il au contraire réactualiser cette analyse, en travaillant à l’identification d’une classe ouvrière du XXIe siècle, puis s’appuyer sur elle pour redonner au PCF une base militante et électorale ?

La forme parti
Le projet communiste ne suffit pas à définir le PCF. La forme d’organisation, le parti, est un deuxième élément de définition, tout aussi spécifique : aucune des autres organisations politiques françaises se réclamant du communisme n’est un parti.

La forme parti est une conquête historique du mouvement ouvrier,
Cette organisation est en danger depuis plusieurs années : la disparition de la formation, la difficulté à transformer les adhérents en militants, le renforcement du pouvoir des élus, symétrique à l’affaiblissement financier et militant de l’organisation, sont autant de problèmes qu’il faut résoudre. Mais faut-il pour autant abandonner la forme parti ? Pouvons-nous, face aux attaques de la droite, à la pression de plus en plus forte des médias, à l’affaiblissement des syndicats, nous priver d’un outil de lutte – certes imparfait ?

Une relation spécifique au pouvoir.
Dernier élément de la définition du PCF : sa stratégie. Le PCF occupe de ce point de vue une place unique dans le champ politique français. En effet, le PCF a fait, depuis 1946, le pari des institutions. Il a renoncé à la révolution violente pour choisir de transformer la société par le biais des institutions. Il est donc susceptible de participer au pouvoir. Mais parmi les partis « de gouvernement », il est le seul pour lequel le pouvoir ne constitue pas un objectif. L’objectif du PCF, on l’a dit, est de dépasser le capitalisme. La participation au pouvoir peut, dans certaines circonstances, être un moyen de ce dépassement, mais elle n’est jamais le seul. La stratégie du PCF n’est donc pas figée, elle dépend du rapport de force dans la société. Cette absence d’électoralisme fait du PCF un parti différent des autres, et a longtemps été une motivation importante du vote communiste.
Au terme de cette tentative de définition, la question est donc : A-t-on encore besoin en France d’un parti politique qui se donne pour objectif le dépassement du capitalisme et qui défende les intérêts de la classe ouvrière ? Une réponse positive à cette question nécessite bien sûr de plus amples réflexions : Comment définir la classe ouvrière du XXIe siècle ? Comment reconstruire le PCF pour en faire un parti de classe ? Comment réorganiser un contrôle de nos élus ?… Mais pour l’instant, nos dirigeants nous proposent plutôt de répondre non à la première question, de se « libérer » de la référence au communisme, de la forme parti et de nos spécificités stratégiques. Pour faire quoi ?
3. Casser le PCF, pour faire quoi ?
Les projets de refondation, différents dans leurs formes, vont tous dans le même sens : il s’agit d’occuper l’espace laissé libre à gauche par la droitisation du PS. (Dans cette perspective, il ne serait pas inutile de se demander d’où vient cette droitisation. Existe-t-il bien un espace à gauche ? Où est-ce la disparition de cet espace qui a conduit le PS à se déplacer ? Mais ce sera pour plus tard, je suis déjà bien trop longue). Dans ce projet, les modèles allemand et italien occupent une place importante. Il faudrait prendre le temps de les étudier de plus près. Ce sera pour une autre fois.

Rassembler la gauche
Pour créer ce nouveau parti, ou cette confédération de partis, il nous faut des partenaires. Le but affiché est de rassembler bien au-delà des communistes. La Fête de l’Humanité a vu se rassembler à nouveau la « gauche du non » : PRS, PCF, LCR, certains Verts. Évidemment, tout cela pourrait attirer des individus non-organisés. La fameuse « dynamique », que nous avons longtemps attendue dans les collectifs anti-libéraux… Il faut rappeler qu’aucun de ces partenaires n’existe encore véritablement : prêts à nous rejoindre le temps d’un débat, le PRS reste membre du PS, la LCR construit un nouveau parti dans son coin pour ramasser le bénéfice de la modernisation, et les Verts intéressés sont minoritaires dans leur parti.

En bref, il semble bien qu’on nous refasse le coup des collectifs. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de gagner les présidentielles, mais de créer la machine qui permettra de gagner en 2012 : le nouveau parti. Je passe sur les contradictions de l’entreprise (dans le même temps, nous nous allions au PS pour les municipales), et les leçons non-tirées (une fois encore, on oublie le rassemblement à la base, les luttes, pour conclure des arrangements de couloir). Mais j’aimerais savoir comment ce qui a échoué en 2007 pourra réussir en 2008 ?

Les obstacles : projet, stratégie, organisation
L’échec des collectifs était dû à deux raisons majeures : des divergences de fond et des problèmes de démocratie.
Quel sera le rapport au pouvoir du nouveau parti ?
Quelle forme enfin pour cette nouvelle organisation ?
Finalement, je me sens un peu comme en 2007. Je disais à l’époque, naïvement : « un rassemblement avec une candidate communiste ? mais ils n’accepteront jamais ! » Et je le dis aujourd’hui : dans cette confédération, nous serons seuls avec les habituels groupuscules que nous avons créés pour nous tenir compagnie. Mais entre temps, nous aurons abandonné notre projet, notre outil, notre organisation. Et nous serons un nouveau parti parmi d’autres nouveau parti : la Gauche Anticapitaliste de Besancenot, la Gauche Moderne de Bockel… et la Gauche pour l’Émancipation Humaine de Marie George Buffet ? Les salariés français seront-ils plus avancés ?

Conclusion
En fait, la solution proposée – grand parti de gauche ou confédération pour l’émancipation humaine – ne met pas en place une réponse aux problèmes rencontrés par le PCF (absence de base, difficultés à affirmer un projet, électoralisme croissant, manque de démocratie dans l’organisation), elle en constitue le prolongement, et comme la conséquence logique : plus d’électoralisme, moins de pouvoir aux militants, renoncement définitif au projet communiste,… etc. Nous sommes à la croisée des chemins. Nous ne pouvons pas garder le PCF tel qu’il est. Il n’y a pas, dans ce débat, les conservateurs et les novateurs. Il y a un choix clair : continuer en l’accélérant un processus entamé depuis des années – mutation, modernisation, peu importe son nom – et qui conduit à la disparition du parti communiste au profit d’un nouveau parti de gauche, ou rénover le PCF en profondeur pour reconstruire un parti communiste utile aux travailleurs. Cette seconde solution – qui est la mienne – nécessite bien du travail : il faut d’abord obtenir que la direction prenne ses responsabilités, et soit renouvelée. Il faut ensuite mener une réflexion théorique et des expériences pratiques d’une grande ampleur. Mais je suis jeune militante encore, et ces défis posés par la vie m’effraient bien moins que la pulsion suicidaire de certains de nos camarades.

Voila... J'ai trouvé cet article sur le blog de la section PCF du 5° arrondissement de Paris. Cette camarade, qui a mené à son terme en juin 2007 une magnifique campagne législative, dit exactement ce que je pense de la situation de notre parti et dans notre parti. Je suis très fier de voir, qu'au-dela de personnes telles que Clémentine Autain qui n'a pas été claire avec notre parti, ses militants et ses électeurs ou que La Louve alias Osémy et bien d'autres masques encore, de jeunes militantes telles que Marine sont capables d'impulser un débat d'idées de haut niveau sans violence ni éclat de voix tout en argumentant solidement, en laissant l'ouverture nécessaire pour la confrontation sereine.

Je vous offre à tous, quant à moi, ce bouquet des premières jonquilles de mon jardin (fleuries le 21 février) après avoir réservé les toutes premières à ma "webmastrice" Elo de Strasbourg.

Bien fraternellement,

NOSE DE CHAMPAGNE.   


Comment les décisions seront-elles prises ? Nous nous heurtons au même problème que dans les collectifs. Si les militants sont souverains – et c’est la seule forme d’organisation démocratique – les autres organisations reculeront devant la suprématie du PCF. Si on met en place un double collège (militants / organisations), nous nous retrouverons dans la situation paradoxale ou des groupuscules de moins de 10 adhérents comme le Mars ou Alternative Citoyenne compteront autant que le PCF.
Quels seront ses alliés potentiels ? S’agit-il de créer une LCR géante ? Ou une nouvelle béquille pour le PS ? Cette question, l’un des problèmes essentiels auxquels se heurte le PCF, ne sera pas résolue par la fondation d’un nouveau parti.
Aucun de ces deux obstacles n’est levé. Sur quel projet la gauche progressiste se rassemblera-t-elle ? Le projet communiste n’est pas soluble dans l’antilibéralisme ou l’altermondialisme même si on peut penser que les antilibéraux constituent des alliés pour avancer sur le chemin menant à ce projet. Quel est l’objectif ? Le dépassement du capitalisme ? Un retour à l’État providence des années 70 ? L’autogestion ?






qui lui a permis d’inscrire ses luttes sur le terrain politique, et d’affirmer que la division économique entre producteurs et exploiteurs était la seule division pertinente. Le choix du parti est aussi un choix stratégique : le parti est un mode d’organisation reconnu par la Constitution de la 5e République, et rendu nécessaire par ses institutions. Enfin, le parti communiste s’est construit comme un parti de militants, réunis par un projet, et par des actions communes. Cette organisation est une force énorme : c’est elle qui nous permet de résister – faiblement, certes – au pouvoir de plus en plus fort des médias.



, enfin, autre prétendant à la succession de Marie-George Buffet, déclare dans le Monde du 13 septembre, être persuadé qu'il faut « une nouvelle organisation politique dans laquelle existerait une sensibilité communiste organisée. Pas un parti ripoliné, mais bien une autre organisation avec d'autres sensibilités, antilibéraux, socialistes de gauche, syndicalistes, altermondialistes. »
, ancien ministre de la gauche plurielle, allait beaucoup plus loin dans une interview donnée à l’Humanité le 7 septembre : « Je crois que les militants communistes, leur intelligence collective, sont capables d’être à l’initiative de la création d’une nouvelle force politique. J’ai vu que Marie-George Buffet disait qu’il faudrait aller plus loin que tout ce qui avait été fait et tenté dans le passé. Qu’elle n’excluait pas le changement de nom. Très bien. Mais je pense honnêtement qu’il faut surtout en finir avec la conception de l’organisation qui a prévalu jusqu’ici. À mes yeux la force transformatrice qu’il faut créer ne peut l’être sous le label ou la houlette du parti ! (…)Nous devrions, dès la préparation du congrès extraordinaire, annoncer notre volonté de créer avec d’autres cette force politique nouvelle. »

Malheureusement, notre affaiblissement, financier et militant, nous a fait perdre de cette spécificité.. Nous nous Là encore, les projets de refondation veulent simplement accélérer cette évolution : ils se fondent sur une analyse uniquement électorale, veulent figer les alliances dans le cadre d’une coordination « de gauche », et ont pour objectif premier l’accession au pouvoir, comme si elle pouvait seule permettre la réalisation d’un projet « antilibéral » ou « émancipateur ».

transformons lentement en parti électoraliste.

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18 février 2008

COUP DE GUEULE !!!

RAFLES_2 Un jeune kenyan de 20 ans, « sans papier » nommé John MAINA s’est suicidé à Meudon vendredi 15 février à la nouvelle du rejet définitif de sa demande d’asile…

Cette nouvelle tombe sous nos yeux comme le corps sans vie au pieds de 4 étages de cet enfant de 12 ans qui fuyait la police venue arrêter ses parents sans papiers…

Après aussi, la mort de Chulan, chinoise de Belleville se défenestrant en septembre 2007…

Après toujours, le placement en garde à vue d’un bébé de 3 semaines avec sa mère sans papier…

Après encore, le sevrage brutal d’un bébé de 3 mois dont la mère sans papier, dénoncée par son employeur, a aussi été mise en garde à vue…

Après les multiples suicides et tentatives dans les Centres de Rétention Administrative…

Après la révision des objectifs annoncés par FILLON le félon relevés à 26 mille sans papiers à rafler en 2008…

Ah, j’allais oublier: Nicolas S. le Président, demande pour la prochaine rentrée scolaire, le parrainage par des enfants de 10 ans de toutes les écoles de France, des 11 mille enfants juifs morts des rafles et de la shoah durant la 2° Guerre Mondiale.

Pour faire bonne mesure, et pendant que les rafles se poursuivent, suggérons-lui d’y ajouter jour après jour, au nom de la mémoire, les milliers d’enfants algériens et les autres milliers d’enfants indochinois, malgaches, camerounais, congolais, tchadiens, kanaks… brefs les quelques 60 mille enfants victimes des guerres coloniales de la France…

Peut-être même, pourrait-on y ajouter les milliers d’enfants palestiniens sacrifiés sur l’autel de la colonisation sioniste par la honteuse complicité « diplomatique » de « l’Occident » !

En tout cas, peut être est-il temps de convaincre nos amis, nos voisins, nos concitoyens, que le silence des pantoufles ne précède jamais très longtemps le bruits des bottes.

NOSE DE CHAMPAGNE

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17 février 2008

LE PEUPLE NE TE PLAÎT PAS ? CHANGE LE PEUPLE !

versailles_33a16 Séance du 04/02/2008; Scrutin public à la tribune sur le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

Nombre de votants : 893; Nombre de suffrages exprimés : 741; Majorité absolue : 445; Pour l’adoption : 560; Contre : 181. Le Congrès du Parlement a adopté.

I - ASSEMBLÉE NATIONALE

GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

 Pour (318);

: 306

MM. Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, MM. Jean-Paul Anciaux, Benoist Apparu, Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre-Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mme Brigitte Barèges, M. François Baroin, Mme Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean-Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean-Louis Bernard, Marc Bernier, Jean-Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean-Yves Bony, Jean-Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Pierre Cardo, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud, MM. Hervé de Charette, JeanPaul Charié, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean-François Chossy, Jean-Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean-François Copé, François Cornut-Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Jean-Yves Cousin, Alain Cousin, Jean-Michel Couve, Henri Cuq, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc-Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell’Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Jean-Marie Demange, Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean-Pierre Door, Dominique Dord, Jean Dupont, Renaud Dutreil, Mme Marie-Hélène des Esgaulx, MM. Gilles d’ Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Georges Fenech, Jean-Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean-Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie-Louise Fort, MM. Jean-Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco, MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi-Scheit, Jean-Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean-Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Giran, Louis Giscard d’Estaing, Claude Goasguen, François-Michel Gonnot, Didier Gonzales, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Jean-Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Jean-Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains-Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Mme Fabienne Labrette-Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Jean-François Lamour, Mmes Marguerite Lamour, Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Frédéric Lefebvre, Jean-Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean-Claude Lenoir, Jean-Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. Michel Lezeau, François Loos, Gérard Lorgeoux, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean-François Mancel, Alain Marc, Jean-Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland-Militello, MM. Jean Marsaudon, Philippe-Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jacques Masdeu-Arus, JeanClaude Mathis, Jean-Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Damien Meslot, Jean-Claude Mignon, Mme Marie-Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre Morel-A-L’Huissier, Jean-Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne-Bressand, Renaud Muselier, Jean-Marc Nesme, Jean-Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Franck Riester, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra, Mme Marie-Josée Roig, M. Jean-Marie Rolland, Mme Valérie Rosso-Debord, MM. Jean-Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint-Léger, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean-Marie Sermier, Jean-Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean-Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy-Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul Victoria, Philippe Vitel, Michel Voisin, Gérard Voisin, Jean-Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie-Jo Zimmermann et M. Michel Zumkeller.

Contre

: 3

MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.

Abstention : 3

MM. Lionnel Luca, Philippe Meunier et Jean-Frédéric Poisson.

Non-votant : 6

MM. Bernard Accoyer(Président du Congrès), Pierre Bédier, Yves Censi, Mme Gabrielle Louis-Carabin, MM. Didier Robert et Joël Sarlot.

GROUPE : SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE

(204); Pour 

: 17

MM. Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Mme Annick Lepetit, MM. Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Mmes Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, MM. Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean-Claude Viollet.

Contre

 

: 91

Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean-Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean-Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières-Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie-Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Pérat, Jean-Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean-Michel Villaumé.

Abstention

: 93

Mme Patricia Adam, M. Jean-Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean-Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean-Michel Boucheron, Mmes Marie-Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean-Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie-Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, MM. Jean-Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean-Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman-Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean-Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean-Yves Le Déaut, Jean-Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis-Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean-René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre-Alain Muet, Mmes Marie-Renée Oget, Françoise Olivier-Coupeau, George Pau-Langevin, Marie-Françoise Pérol-Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean-Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte-Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean-Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque.

Non-votant

: 3

MM. Jean Glavany, Patrick Lemasle et Bernard Roman.

GROUPE : GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE

(24); Contre

: 21

Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie-Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Abstention

: 3

MM. Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy.

GROUPE : NOUVEAU CENTRE

(22); Pour

: 20

MM. Jean-Pierre Abelin, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Pierre Lang, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer et Philippe Vigier.

Contre

: 2

MM. Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde.

DEPUTES : NON INSCRITS

(9); Pour

: 4

MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Thierry Benoit et Jean-Pierre Schosteck.

Contre

: 4

Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et François-Xavier Villain.

Abstention

: 1

Mme Françoise Vallet.

II - SÉNAT

GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

. (159); Pour

: 149

MM. Jean-Paul Alduy, Pierre André, Gérard Bailly, José Balarello, Bernard Barraux, René Beaumont, Michel Bécot, Claude Belot, Pierre Bernard-Reymond, Roger Besse, Laurent Béteille, Joël Billard, Jean Bizet, Paul Blanc, Jacques Blanc, Pierre Bordier, Joël Bourdin, Mme Brigitte Bout, MM. Jean-Guy Branger, Dominique Braye, Mme Paulette Brisepierre, MM. Louis de Broissia, François-Noël Buffet, Christian Cambon, Jean-Pierre Cantegrit, Jean-Claude Carle, Auguste Cazalet, Gérard César, Jean-Pierre Chauveau, Marcel-Pierre Cléach, Christian Cointat, Gérard Cornu, Raymond Couderc, Jean-Patrick Courtois, Philippe Dallier, Serge Dassault, Mme Isabelle Debré, MM. Robert Del Picchia, Christian Demuynck, Gérard Dériot, Mme Béatrice Descamps, MM. Denis Detcheverry, Eric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Alain Dufaut, André Dulait, Mme Catherine Dumas, M. Ambroise Dupont, Mme Bernadette Dupont, MM. Louis Duvernois, Jean-Paul Émin, Jean-Paul Emorine, Michel Esneu, Jean-Claude Etienne, Hubert Falco, Jean Faure, André Ferrand, Gaston Flosse, Alain Fouché, Jean-Pierre Fourcade, Jean François-Poncet, Yves Fréville, Yann Gaillard, René Garrec, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, M. Jean-Claude Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Jacques Gautier, Patrice Gélard, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Giraud, Paul Girod, Alain Gournac, Adrien Gouteyron, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Michel Guerry, Hubert Haenel, Mme Françoise Henneron, M. Pierre Hérisson, Mme Marie-Thérèse Hermange, MM. Michel Houel, Jean-François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean-Jacques Hyest, Soibahaddine Ibrahim Ramadani, Pierre Jarlier, Jean-Marc Juilhard, Mmes Christiane Kammermann, Fabienne Keller, MM. Alain Lambert, Marc Laménie, Mme Elisabeth Lamure, MM. Robert Laufoaulu, Jean-René Lecerf, Dominique Leclerc, Jacques Legendre, Jean-François Le Grand, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Simon Loueckhote, Mme Lucienne Malovry, M. Pierre Martin, Mme Colette Mélot, MM. Alain Milon, Jean-Luc Miraux, Dominique Mortemousque, Bernard Murat, Philippe Nachbar, Mmes Jacqueline Panis, Monique Papon, MM. Jean Pépin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Louis Pinton, Rémy Pointereau, Christian Poncelet, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mme Catherine Procaccia, MM. Jean Puech, Jean-Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Charles Revet, Philippe Richert, Yves Rispat, Josselin de Rohan, Roger Romani, Mme Janine Rozier, MM. Bernard Saugey, Bruno Sido, Mme Esther Sittler, MM. Louis Souvet, Yannick Texier, Henri Torre, André Trillard, Mme Catherine Troendle, MM. François Trucy, Jacques Valade, Alain Vasselle, Jean-Pierre Vial et Jean-Paul Virapoullé.

Contre

: 4

MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Charles Pasqua.

Abstention

: 3

MM. Gérard Larcher, Philippe Marini et Jacques Peyrat.

Non-votant

: 3

MM. Bernard Fournier, Henri Revol et Henri de Richemont.

GROUPE : SOCIALISTE

. (96); Pour

: 15

MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier-Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean-Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean-Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung.

Contre

: 30

MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Jean-Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud-Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean-Pierre Masseret, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean-Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Abstention

: 49

Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean-Pierre Bel, Mme Marie-Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean-Pierre Caffet, Mme Claire-Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean-Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean-Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean-Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean-Marc Pastor, Jean-Claude Peyronnet, Jean-François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente-Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René-Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet.

Non-votant

: 2

Mme Odette Herviaux et M. Paul Raoult.

GROUPE : UNION CENTRISTE-UDF

. (30); Pour

: 30

MM. Nicolas About, Jean-Paul Amoudry, Philippe Arnaud, Jean Arthuis, Denis Badré, Claude Biwer, Didier Borotra, Jean Boyer, Marcel Deneux, Yves Détraigne, Mme Muguette Dini, MM. Daniel Dubois, Jean-Léonce Dupont, Pierre Fauchon, Mme Françoise Férat, MM. Christian Gaudin, Adrien Giraud, Mme Jacqueline Gourault, MM. Jean-Jacques Jégou, Joseph Kerguéris, Jean-Claude Merceron, Michel Mercier, Mme Catherine Morin-Desailly, M. Philippe Nogrix, Mme Anne-Marie Payet, MM. Yves Pozzo di Borgo, Daniel Soulage, André Vallet, Jean-Marie Vanlerenberghe et François Zocchetto.

GROUPE : COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN

. (23); Contre

: 23

Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet.

GROUPE : R.D.S.E

(16); .

Pour : 15

MM. Nicolas Alfonsi, Gilbert Barbier, Jean-Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin, Gérard Delfau, François Fortassin, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi.

Contre

: 1

M. Bernard Seillier.

SENATEURS : NON INSCRITS

. (6); Pour

: 3

M. Philippe Adnot, Mme Sylvie Desmarescaux et M. Alex Türk.

Contre

: 2

MM. Philippe Darniche et Bruno Retailleau.

Abstention

: 1

M. Jean-Louis Masson.

MISES AU POINT AU SUJET DU PRESENT SCRUTIN

(Sous réserve des dispositions de l’article 19, alinéa 2, du Règlement du Congrès), M. Pierre Bédier, M. Gérard Larcher, M. Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry, qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu’ils avaient voulu voter "pour".

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APAISER LA QUESTION RELIGIEUSE POUR POSER LA QUESTION SOCIALE

AMIS_SARKO_4 Aux origines des controverses sur la laïcité… Voici un article écrit par Alain Gresh en 2003 alors que non seulement l’affaire du voile battait son plein, que l’on déchaînait les foules contre Tariq Ramadan et que Jacques Chirac nommait une commission chargée de réfléchir aux problèmes de la laïcité. Alain Gresh, dont je partage depuis longtemps les positions sur cette question, nous propose un retour dans le passé.” Il y a un siècle, l’adoption de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat marquait une étape décisive du combat pour la laïcité. Les discussions de l’époque permettent d’éclairer les enjeux actuels et de corriger quelques idées reçues.

Par Alain Gresh

.

« La séparation ? Vous n’êtes pas sérieux. Il faudra encore vingt ans. » Paris, printemps 1903. La Chambre des députés vient d’élire une commission chargée de proposer une loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Pourtant, Emile Combes, le président du Conseil, exprime ses doutes. Sous la IIIe République, une commission n’est-elle pas le meilleur moyen d’enterrer un problème ? Pas cette fois, car, deux ans plus tard, le 9 décembre 1905, la loi de séparation sera promulguée. Un siècle après, qui se souvient des conditions dans lesquelles la laïcité s’est s’imposée en France ?

Après l’effondrement de l’empire de Napoléon III en 1870, l’écrasement de la Commune de Paris et les échecs des tentatives de rétablissement de la monarchie, une majorité républicaine s’installe aux commandes en 1879. Cela va permettre l’adoption d’une série de mesures en faveur de la laïcisation : suppression du repos dominical obligatoire (1879), lutte contre les congrégations religieuses et sécularisation des cimetières (1881), autorisation du divorce (1884) et surtout extension de l’enseignement public menée par Jules Ferry. En 1882, l’école primaire devient gratuite et l’instruction obligatoire, tandis que l’enseignement religieux est interdit dans les établissements primaires d’Etat. Enfin, en 1886, l’enseignement est confié uniquement à un personnel laïque.

Comme le souligne Alain Boyer, « la laïcité est devenue un mot d’ordre qu’on ne peut comprendre que par opposition au cléricalisme triomphant au XIXe siècle lorsque l’Eglise (…) a cherché à diriger les Etats et à imposer une politique chrétienne (1) ». Pour la majorité républicaine, il ne s’agissait pas d’écraser les religions, mais de limiter le pouvoir de l’Eglise catholique, alliée des royalistes, en s’appuyant au besoin sur d’autres confessions, notamment sur les protestants…

Cette stratégie républicaine s’accompagne d’une volonté d’éviter toute guerre civile, de favoriser l’évolution des esprits plutôt que la dureté de la loi, ainsi qu’en témoigne la célèbre « affaire des crucifix ». Fallait-il enlever ces symboles religieux des écoles publiques à la rentrée 1882 ? Les circulaires ministérielles appelèrent à appliquer la loi « dans l’esprit même où elle a été votée, dans l’esprit des déclarations réitérées du gouvernement, non comme une loi de combat dont il faut violemment enlever le succès, mais comme une des grandes lois organiques qui sont destinées à vivre avec le pays, à entrer dans les mœurs et à faire partie de son patrimoine ». On trouvait encore des crucifix dans les écoles publiques au lendemain de la seconde guerre mondiale…

La laïcisation de l’enseignement effectuée, fallait-il aller vers la séparation des Eglises et de l’Etat, que tous les partis républicains, des radicaux aux socialistes, avaient mis au cœur de leur programme ? Les républicains hésitent, d’autant qu’un nouveau pape, Léon XIII, élu en 1878, adopte une attitude conciliante à l’égard du régime républicain. Elle se concrétise, en février 1892, par l’encyclique « Au milieu des sollicitudes », qui suscite de vives oppositions au sein de la droite catholique française. Pourtant, le texte de Léon XIII traduit l’évolution d’une partie de l’électorat - ceux qu’Emile Littré nomme « les catholiques du suffrage universel » - et le désir de certains catholiques et des monarchistes modérés d’unir leurs efforts avec les républicains modérés pour combattre le nouveau péril, le socialisme.

Mais il est encore trop tôt pour surmonter le fossé qui divise « les deux France ». Deux facteurs vont contribuer à durcir les positions : le renouveau des congrégations religieuses, notamment féminines (2), dévouées à un « souverain étranger », le pape ; l’affaire Dreyfus, qui s’accompagne d’une offensive contre la République, relayée notamment par les Pères assomptionnistes à travers La Croix, journal qui se proclame à l’époque « le plus antijuif de France ».

Les élections de 1902 confirment et élargissent la majorité dont disposent les républicains - alors que, au premier tour, 200 000 voix à peine séparaient les deux blocs. Les candidats ont mobilisé sur la question de l’avenir des ordres religieux, mais évité le débat sur la séparation. Dominé par les radicaux, le Bloc républicain obtient 368 élus - dont 48 socialistes - et l’opposition 230. Emile Combes, franc-maçon, devient chef du gouvernement. Cet ancien séminariste, « le petit père Combes », connu pour ses positions anticléricales, ne dit pas un mot de la séparation dans sa déclaration d’investiture. En revanche, il engage une lutte sans pitié contre les congrégations, tordant au besoin l’esprit de la loi de 1901 sur les associations. Il fait rejeter les demandes d’autorisation de la grande majorité des congrégations, ferme leurs écoles et finit par interdire l’enseignement (y compris dans l’enseignement privé) à tous les membres des congrégations, qui seront nombreux à s’expatrier.

La « vraie religion »


Quand la Chambre des députés décide, au printemps de 1903, de créer une commission sur la séparation, Emile Combes, on l’a vu, ne cache pas son scepticisme. Il ne s’agit pas seulement d’opportunisme ou de peur d’engager le pays dans une guerre civile. Le statu quo offre bien des avantages auxquels une partie des républicains a du mal à renoncer.

Le concordat, signé entre le Saint-Siège et la France le 15 juillet 1801 sous l’impulsion du premier consul Bonaparte, définissait les rapports entre l’Eglise catholique unie sous le contrôle du pape - l’Eglise constitutionnelle, née de la Révolution, était dissoute - et la République. « Le gouvernement de la République, affirme le texte, reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des citoyens français. » Cette « reconnaissance » marquait un progrès majeur, entériné par le pape : le catholicisme n’était plus la religion d’Etat.

Lors du débat sur la séparation, en 1905, l’abbé Gayraud, qui souhaite l’ouverture d’une nouvelle négociation avec le Saint-Siège, explique à la Chambre qu’il reste partisan de « l’union de la société civile et de la société religieuse ». Et critique le concordat, où « l’Eglise est reconnue non comme la vraie religion - ce qu’elle est à nos yeux - mais tout simplement comme la religion de la majorité des Français ».

Le concordat ne fut promulgué que le 8 avril 1802. Entre-temps, Bonaparte faisait rédiger par son conseiller Jean-Etienne Portalis les articles organiques. Ceux-ci, au nombre de 77, seront édictés sans consultation avec Rome. La France mettait en place un système très efficace de contrôle policier de l’Eglise catholique et plus largement des cultes reconnus. Ainsi, aucun concile catholique national ne pouvait se réunir sans agrément du gouvernement ; les évêques devaient résider dans leur diocèse et ne pouvaient en sortir qu’avec la permission du premier consul ; l’article 39 imposait même qu’il n’y ait « qu’une liturgie et un catéchisme pour toutes les églises catholiques de France », etc. Julien de Narfon, chroniqueur catholique libéral, explique, lors du débat sur la séparation, que le concordat a accentué la soumission de l’Eglise de France à une double tutelle, celle de l’Etat et celle du Vatican.

Renoncer au concordat, et donc aux articles organiques, ne revient-il pas à abandonner le contrôle de l’Etat sur l’Eglise ? Les radicaux hésitent. Ce sont des conflits avec le Vatican qui vont ébranler « la paix concordataire » et forcer la majorité républicaine à la séparation. Julien de Narfon les rappelle : « Le premier a été provoqué par la protestation de Pie X contre le voyage à Rome de M. Loubet [président de la République], le second par la démission imposée par le pape des évêques de Dijon et de Laval. L’un a abouti à une demi-rupture, l’autre à la rupture complète des relations entre la France et le Vatican. »

Sur la première affaire, le pape voulait affirmer qu’il restait un souverain temporel et qu’il ne reconnaissait pas l’annexion de Rome à l’Italie. Une note confidentielle, transmise par le Saint-Siège à tous les gouvernements, sera rendue publique par L’Humanité, qui la tenait… du prince de Monaco. Cette ingérence dans les affaires de la République provoqua un scandale à la Chambre qui, par une majorité de 427voix contre 96, approuva le rappel de l’ambassadeur français auprès du pape.

La deuxième affaire aura des conséquences plus graves. Rome fait pression pour obtenir la démission de deux évêques français mis en cause par leurs fidèles et par le clergé, sans doute pour leur penchant républicain. C’est tout l’équilibre complexe de « nomination » des évêques qui est mis en cause (3). Le 30 juillet 1904, le gouvernement français rend publique sa décision de rompre les relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Le concordat est désormais lettre morte…

Emile Combes, dans le fameux discours d’Auxerre de septembre 1904, se rallie à l’abolition du concordat. Mais, mis en cause dans une affaire de fichage des officiers, il est contraint de démissionner le 14 janvier 1905. Il est remplacé par Maurice Rouvier, un concordataire convaincu ; c’est pourtant lui qui va présider à la séparation. Entre-temps, Emile Combes a déposé, le 10 novembre 1904, un projet de loi qui suscite de fortes oppositions, même parmi les protestants, jusque-là amis et alliés des républicains.

Ils contestent notamment l’article 8, qui interdit aux associations formées pour l’exercice du culte de s’unir en dehors des limites du département, clause qui vise avant tout l’Eglise catholique tout en étant une ingérence dans l’organisation des autres Eglises. Et aussi l’article 3, qui prévoit que les biens mobiliers ou immobiliers préposés aux cultes antérieurement reconnus seront concédés, « pour une période de dix ans », ce qui laissa planer l’idée chez nombre de catholiques que l’on pourrait leur en retirer la gestion après… En fait, le projet Combes reflète une philosophie qui vise non seulement à séparer l’Eglise de l’Etat, mais à briser l’Eglise catholique, à la subvertir de l’intérieur tout en maintenant le contrôle de l’Etat.

Comme le résumera le pasteur Louis Lafon, directeur de La Vie nouvelle : « Il y a deux façons de faire la séparation, ou plutôt, en la faisant, on peut poursuivre deux buts différents : ou bien vouloir laïciser l’Etat, ou bien vouloir détruire la religion (…). La religion est affaire de conscience, l’affaire de la conscience individuelle. L’Etat n’a qu’à s’abstenir complètement de toute participation et de toute action dans le domaine religieux, et il a le droit et le devoir d’exiger en retour des Eglises qu’elles ne se mêlent pas de vouloir le dominer, de le façonner à leur gré. Je pense que, dans cette appréciation du rôle de l’Etat vis-à-vis des Eglises, je suis en communion d’idée avec tous les démocrates et un grand nombre de libres-penseurs eux-mêmes. Mais il en est d’autres qui rêvent de détruire par la loi toute Eglise et toute religion. Ils nourrissent le rêve criminel et insensé de tous les despotes, qui, toujours, ont voulu régner sur la conscience humaine et se sont imaginé qu’ils en deviendraient les maîtres par la violence (…). La liberté d’association doit être complète pour les catholiques, les protestants, les juifs, aussi bien que pour les libres-penseurs et les francs-maçons. L’article 8 déjà fort ébranlé doit être jeté par terre tout entier. »

Il le sera. Si la mémoire collective a associé « le petit père Combes » à la séparation, rien n’est plus éloigné de la vérité. Sous l’impulsion du socialiste Aristide Briand, rapporteur de la commission, conseillé par le tribun Jean Jaurès, c’est un compromis qui va se dessiner, assurant à la fois la séparation et la liberté des Eglises de s’organiser comme elles l’entendent.

Deux articles ouvrent la loi de 1905. Article premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets [de l’Etat, des départements et des communes] les dépenses relatives à des exercices d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. »

S’imposent deux remarques. D’abord sur le terme « reconnaissance ». « Il ne signifie nullement, précise Jean Boussinesq, que l’Etat nie l’existence de droit (privé) des Eglises comme corps constitués. Il doit être compris en se référant à la situation antérieure où il y avait en France quatre cultes “reconnus” (catholique, luthérien, réformé, israélite). (…) L’article 2 signifie donc qu’il n’y a plus d’Eglise privilégiée en droit et que, par conséquent, toutes les Eglises (présentes et à venir) sont juridiquement égales (4) . » Ainsi, il ne sera plus possible, contrairement à des situations antérieures, que des évêques siègent de droit au Sénat ou dans les conseils de l’instruction publique. En revanche, quelques dizaines d’années plus tard, l’Etat pourra, sans transgresser la loi et sans choquer les esprits, nommer dans des commissions de réflexion - comme celle sur l’éthique - des personnalités dont l’appartenance religieuse est connue et affirmée…

D’autre part, l’Etat met à la disposition des Eglises, et notamment de la catholique, un immense parc immobilier, qui sera de plus entretenu par lui : cela représente, c’est le moins qu’on puisse dire, une aide directe aux cultes… D’autres modalités seront mises en place, au cours des décennies suivantes, qui renforceront ces subventions. Au début des années 1920, les pouvoirs publics financeront la construction de la mosquée de Paris. Rapporteur du projet de loi à la Chambre, Edouard Herriot, laïque incontesté, expliquera : « Nous ne violons pas la loi de 1905, puisque nous faisons là pour les musulmans ce qu’en 1905 on a fait pour les protestants ou les catholiques. »

Les deux premiers articles acquis, le débat parlementaire se concentre sur les associations cultuelles. L’article 4 prévoyait que tous les établissements publics du culte seraient transférés à des associations « qui se seront légalement formées pour l’exercice du culte ». Mais qui décidera que ces associations sont réellement habilitées ? Que se passera-t-il si deux associations se disputent ? La question préoccupe l’Eglise catholique, d’autant que, parmi les radicaux, beaucoup pensent que l’occasion est trop belle pour subvertir l’Eglise de l’intérieur. La méfiance est telle que certains catholiques soupçonnent les francs-maçons de vouloir noyauter ces associations pour les soustraire à l’emprise des évêques.

Une œuvre « de raison et de prudence »

Chacun des deux camps prête à l’autre les pires intentions. Parmi les républicains aussi se heurtent différentes philosophies de la laïcité. Le rapporteur de la commission, Aristide Briand, soutenu par Jean Jaurès, a précisé la sienne. Le projet de la commission, explique-t-il, « n’est pas une œuvre de passion, de représailles, de haine, mais de raison, de justice et de prudence combinées (…). On y chercherait vainement la moindre trace d’une arrière-pensée de persécution contre la religion catholique ». C’est pourquoi il propose d’ajouter un bout de phrase à l’article 4 : les associations cultuelles devront se conformer « aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice ». Autrement dit, une association qui se crée pour le culte catholique devra reconnaître les règles internes de celle-ci, notamment la primauté du pape. Et, s’il y a conflit, les tribunaux civils trancheront (5)… C’est une levée de boucliers dans le camp républicain (lire « Coupera-t-on les cathédrales en deux ? »). Finalement le vote de l’amendement proposant de supprimer l’ajout fait par la commission sera rejeté ce même jour par 374 voix contre et 200 pour. La séparation est faite, dira Jaurès…

Pourquoi les socialistes poussent-ils dans le sens d’un accommodement ? Jean Jaurès s’en était ouvert dans un article de La Dépêche, le 15 août 1904 : « Il est temps que ce grand, mais obsédant problème des rapports de l’Eglise et de l’Etat soit enfin résolu pour que la démocratie puisse se donner tout entière à l’œuvre immense et difficile de réforme sociale et de solidarité humaine que le prolétariat exige. » Il faut apaiser la question religieuse pour poser la question sociale, celle des grandes réformes en discussion, que les radicaux et les républicains modérés aimeraient repousser : impôt sur le revenu ou retraites ouvrières…

De cette loi de 1905, du passionnant débat à la Chambre et au Sénat - dont la qualité amène à revoir un certain nombre de jugements sommaires sur la IIIe République -, la mémoire collective a gardé quelques images floues, notamment celle d’un affrontement entre « deux France », dont le « drame des inventaires » avait constitué un des points d’orgue : des policiers forçant la porte des églises.

Au départ, un amendement anodin de la loi, indispensable : puisqu’il y avait un transfert de biens aux nouvelles associations cultuelles, il fallait procéder à leur inventaire. Mais, dans une instruction administrative, se glisse une petite phrase qui exige des curés, pour que les inventaires soient globaux, « l’ouverture des tabernacles », le saint des saints, là où est déposé le ciboire. Ce sont les nationalistes, ceux notamment de l’Action française, qui joueront un rôle essentiel dans les « résistances » aux interventions de la police. Ils seront relayés dans quelques départements par des populations inquiètes et désinformées, traumatisées par les combats du « petit père Combes » contre les congrégations. Le nombre d’incidents graves est d’autant plus limité que, dès le 16 mars, une circulaire confidentielle appelle à suspendre les inventaires là où s’organise la résistance. En mai 1906, 93 % des inventaires sont achevés, mais la France gardera la mémoire des quelques « bavures ».

Le récit des résistances, gonflé par la presse catholique et par les rumeurs, encourage le Saint-Siège à l’intransigeance, d’autant qu’un pape intraitable, Pie X, a remplacé Léon XIII, décédé le 20 juillet 1903. Le nouveau pape craint que la séparation n’affecte son prestige et serve de « mauvais exemple » ailleurs, notamment en Espagne. Dans une première encyclique Vehementer nos, datée du 11 février 1906, il condamne le principe même de la séparation, déplore l’abolition unilatérale du concordat et la mise en cause par la loi, selon lui, d’un précepte fondamental de l’Eglise qui serait « par essence une société inégale, c’est-à-dire une société comprenant deux catégories de personnes, les Pasteurs et le troupeau ». C’est le 10 août 1906, dans l’encyclique Gravissimo officii, que le pape ordonne aux catholiques français, plutôt favorables à un compromis sur ce point, de ne pas créer d’associations cultuelles.

Cette obstruction aurait pu amener le gouvernement à appliquer la loi dans toute sa rigueur, à en profiter pour porter de nouveaux coups à l’Eglise catholique. Il n’en fut rien. Il mit en place des dispositions transitoires visant à assurer que la gestion des lieux de culte catholiques soit laissée provisoirement aux prêtres qui en avaient la charge. C’est seulement en 1924 que le pape Pie XI, dans l’encyclique Maximam gravissimamque, autorisera la formation d’associations cultuelles. Et il faudra encore plus de vingt ans pour que l’Eglise se rallie à la laïcité.

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », proclame l’article premier de la Constitution de 1946, voté par les communistes et les socialistes, mais aussi par les démocrates-chrétiens (MRP), ce qui en dit long sur les évolutions. La République triomphait enfin. Elle avait su parier sur l’évolution des esprits, laisser du temps au temps.

A chaque étape, le Conseil d’Etat, qui eut à interpréter la loi de 1905, le fit dans un sens libéral, assurant le droit des Eglises à s’organiser comme elles l’entendaient. Une des premières complications auxquelles la République a été confrontée fut celle des processions en dehors des lieux de culte. « Pas de défilés religieux dans l’espace public ! » clameront nombre de maires. Entre 1906 et 1930, 139 arrêtés municipaux pris en ce sens firent l’objet d’un recours. Dans 136 cas, ces arrêtés furent cassés…

Un siècle plus tard, la laïcité est devenue un bien commun des croyants et des non-croyants. Bien que l’on en parle souvent à tort et à travers. Quand le ministre de l’intérieur français, M. Nicolas Sarkozy, affirme que les femmes doivent paraître sur les photos d’identité tête nue, il pose un problème d’ordre public, pas de laïcité… Quand on évoque la mixité à l’école, il s’agit d’égalité entre garçons et filles, pas de laïcité - l’école laïque s’est accommodée, jusqu’à la fin des années 1960, de la séparation des sexes, et la République laïque, pendant des décennies, du refus du vote des femmes…

La laïcité est-elle aujourd’hui menacée en France ? Faut-il se mobiliser comme en 1905 ? L’emprise des Eglises s’est affaiblie et aucune d’elles n’approche, de près ou de loin, la puissance envahissante de l’Eglise catholique au début du siècle dernier. En revanche, réfléchissant sur la formule « le cléricalisme, voilà l’ennemi », Jean Baubérot s’interroge : celle-ci « est restée une bannière pour la laïcité militante. Mais qui sont aujourd’hui les nouveaux clercs ? Quels sont ceux qui constituent une menace concrète pour la liberté de penser (6) ? » Sont-ce prioritairement les religions organisées, ou plutôt les « cléricatures » de l’argent ou celles des médias ?

Au début du XXe siècle, la République devait ouvrir de colossaux chantiers, de l’instauration de l’impôt sur le revenu aux retraites ouvrières ; Jaurès avait compris que, pour surmonter ces défis, il fallait apaiser les querelles religieuses. Un siècle plus tard, la France est confrontée à d’immenses angoisses nées d’un néolibéralisme qui sape les fondements du pacte républicain. Sont-ce quelques dizaines de filles portant un foulard dans les établissements scolaires qui menacent ce pacte ? Ou les inégalités, les discriminations, les ghettos, le chômage, toutes ces friches exclues des « réformes » ? Face à ces diversions, il est bon de rappeler que Jaurès avait raison : la République française doit être laïque et sociale. Elle restera laïque parce qu’elle aura su rester sociale…

Alain Gresh.Christianisme, Droit, État, Histoire, Laïcité, Religion, France

(1) Alain Boyer, Le Droit des religions en France, PUF, Paris, 1993.

(2) Dans une longue étude sur l’essor des congrégations féminines religieuses au XIXe siècle, Claude Langlois a montré qu’elles avaient permis aux femmes, dont le code civil affirmait l’infériorité, d’accéder à des responsabilités en matière d’éducation et de soins hospitaliers. Les méandres de l’histoire sont parfois surprenants… A méditer quand on évoque la question du foulard. Claude Langlois, Le Catholicisme au féminin. Les Congrégations à supérieure générale, Le Cerf, Paris, 1984.

(3) Sous le concordat, c’est l’Etat français qui nommait les évêques, l’institution canonique étant réalisée, après, par le pape. Ce système survit en Alsace-Moselle, faisant du président de la République le seul chef d’Etat du monde à nommer des évêques catholiques.

(4) Jean Boussinesq, La Laïcité française, Seuil, Paris, 1994. Ce petit mémento juridique est la meilleure introduction aux lois qui régissent la laïcité.

(5) Dans le texte définitif, les conflits devront être portés devant le Conseil d’Etat.

Jean Baubérot, Vers un nouveau pacte laïque ?, Seuil, Paris, 1990. Lire également, du même auteur, Histoire de la laïcité française, coll. « Que sais-je ? », PUF, 2000.

Extrait du site de Danielle BLEITRACH: http://socio13.wordpress.com

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LES PARLEMENTAIRES SOCIALISTES REFUSENT AU PEUPLE DE FRANCE LE DROIT DE S’EXPRIMER SUR LE TRAITE DE LISBONNE

REMEMBER [...] Les parlementaires socialistes, députés et sénateurs, ont bien été 32 à voter « oui » mais ils ont été respectivement 93 et 49 à s’abstenir, 3 et 2 à ne pas voter, soit 147 au total.

 

Si tous les socialistes avaient pris part au vote, il y aurait eu 883 exprimés. Les 2/5 nécessaires pour le rejet de la réforme constitutionnelle donnaient donc : 353,2 soit 354 voix.

 Et si les socialistes qui ont voté oui ou qui se sont abstenu avaient voté non, cela aurait donné au total : 181+17+15+93+3+49+2= 360 ! Le projet de réforme constitutionnelle aurait été rejeté. Nicolas Sarkozy aurait été mis en échec. Il n’aurait pu faire autrement que d’organiser un référendum. Le peuple aurait eu droit à la parole. 

Ce sont donc les responsables socialistes, les Hollande, Ayrault, Dray, Moscovici, Lang, Valls, Bianco, et quelques autres qui ont fait passer la modification constitutionnelle et par la même occasion le traité. 

Et maintenant ?

 

Le bilan du passé récent sur la question européenne ne mérite-il pas d’être enfin tiré. Lorsque le 29 mai 2005 le « Non » l’emportait, n’était-il pas clair qu’entre les camps opposés les contradictions portaient sur des questions majeures, identitaires ?

 

Ne faut-il pas s’interroger pour comprendre la situation actuelle sur la responsabilité d’une unité de façade, d’un consensus de congrès au sein du PS, dénommé « synthèse » ?

 

Ne faut-il pas éviter de reproduire les occasions ratées ? Celles qui au nom des intérêts électoraux supérieurs, interdisent d’ouvrir une perspective qui impose la rupture ?

 

Après qu’ils aient raté le coche en 2005, faut-il que Fabius, Emmanuelli, Mélenchon ou encore Dolez, Filoche, Généreux et quelques autres réitèrent ?

 

Comment dans le contexte actuel les élus fidèles aux principes de la démocratie et au respect de la souveraineté populaire pourraient-ils poursuivre à côté et avec ceux qui ont décidé de bafouer le peuple en soutenant le gouvernement de Nicolas Sarkozy ?

 

Derrière ce vote existe une politique. Celle faite d’assauts contre l’emploi, les salaires, le droit du travail, les retraites, les services publics, la santé, la sécurité sociale et le remboursement des soins, tout ce que les directives européennes entre autre ont décidé de liquider au profit du capital financier. Ceux qui ont voté ensemble pour la modification constitutionnelle et qui s’apprêtent à adopter le traité de Lisbonne auront beau dire : c’est cette politique qu’ils soutiennent et qu’ils font leur !

 

Dans ce contexte, la publication des élus et de leur vote, à la veille d’échéances électorales, est de première importance, permettant à ceux qui le désirent de savoir qui est qui, et d’en tirer les conséquences le jour où notre vote, notamment pour les prochaines municipales, sera convoité.

 

Mais au-delà, la situation ne met-elle pas à l’ordre du jour le débat nécessaire autour des grandes lignes qui pourraient permettre, hors des préoccupations de chapelles et de tout sectarisme, le regroupement des forces fidèles aux principes républicains et aux exigences sociales ? N’est-ce pas enfin cette discussion qui devrait aujourd’hui s’inscrire dans l’agenda des priorités ?

 

Jacques Cotta

 http://www.info-impartiale.net/

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DE LA CHINE OLYMPIQUE…

Boycotter les Jeux Olympiques de Pékin ? Asor Rosa et l’idéologie de la guerre, par Domenico LOSURDO .

CHINE_GRANDES_CITES_1 Quand me sont arrivées les premières informations sur l’invitation d’Alberto Asor Rosa à boycotter les Jeux Olympiques, j’ai pensé que c‘était les Jeux de Londres de 2012 qui étaient dans le collimateur. En effet, tout aussi discutable est leur assignation à un pays qui depuis des années se distingue par la violation de la charte de l’ONU et qui, pour finir, s’est rendu responsable, aux côtés des Etats-Unis, de l’agression contre l’Irak. La catastrophe qui en est dérivée est sous les yeux du monde entier : les victimes civiles se comptent par dizaines ou centaines de milliers, les réfugiés par millions ; répugnante est l’insulte aux droits de l’homme qui est en acte à Abou Ghraib ; déjà rejeté des décennies en arrière, le pays risque à présent le démembrement.

1. Les Jeux Olympiques de Pékin et ceux de Londres

Et ce n’est pas fini. Pour rester au Moyen-Orient, l’ombre menaçante de l’invasion ou des bombardements couvre maintenant la Syrie et l’Iran, alors qu’est évoqué le spectre de la « troisième guerre mondiale » sans exclure le recours à des armes nucléaires plus ou moins « tactiques » : le tout grâce à la politique non seulement de Washington mais aussi de Londres. Etait-il vraiment nécessaire de récompenser avec cette assignation des Jeux, qui devraient être synonymes de convivialité pacifique entre nations, une capitale qui se distingue par son arrogance impériale et sa politique de guerre ?

J’ai lu ensuite l’article publié sur La Repubblica du 16 octobre : non, Asor Rosa n’en a qu’après les Jeux de Pékin, et brandit la menace de leur boycott en ressassant tous les lieux communs de l’idéologie dominante. L’extraordinaire effort d’un pays, qui dans une courte période de temps a assuré le droit à la vie à des centaines de millions d’hommes, est dédaigneusement liquidé comme la «machine du développement et de l’exploitation économique » mise en marche par sa « structure centraliste et autoritaire ». Sans s’en apercevoir, Asor Rosa devient l’apologue emphatique du système politique qu’il entend pourtant condamner : il serait difficile de délégitimer « la structure centraliste et autoritaire », si celle-ci suffisait à elle seule à sauver la masse immense d’hommes qui subissent encore dans le Tiers-monde la faim et la mort par privations. En réalité, les choses sont bien différentes « La structure centraliste et autoritaire » n’est certes pas absente dans un pays comme l’Egypte, qui cependant continue à attendre et à dépendre de la farine américaine : pour l’obtenir, Moubarak doit se soumettre à la politique de guerre et d’oppression qu’Etats-Unis et Israël conduisent au Moyen-Orient. Le cas de la Chine est bien différent qui, sortant du sous-développement, en même temps porte à bon terme sur le plan économique aussi l’indépendance politique obtenue à la suite d’une lutte de libération nationale épique.
C’est pour cela qu’est en cours une sorte de croisade contre le grand pays asiatique, croisade à laquelle s’associe aussi Astor Rosa. Le voilà lister une série de « valeurs absolues » et de « droits universels » (liberté de parole, de culte, d’association, etc.), toutes, à ce qu’il paraît, systématiquement violées par Pékin.

2.Le syndicat en Chine

Les « libertés syndicales » aussi seraient réprimées. Et la désinvolture qui caractérise l’article dans son entier se fait ici plus que jamais évidente. C’est justement en Chine que le leader mondial de la grande distribution (Walt Mart) a été obligé de reconnaître à ses salariés ce droit à l’association syndicale qu’il continue à refuser dans le monde entier et aux Etats-Unis en premier lieu. Oui, objectera-t-on, mais dans les grands magasins chinois seul le syndicat officiel est toléré, généralement accusé de peu s’impliquer dans la lutte pour l’augmentation des salaires. Mais cette accusation est-elle convaincante ? Dans le grand pays asiatique il y a chaque année entre 10 et 15 millions d’habitants qui abandonnent la campagne (surpeuplée et encore lourde d’arriération) pour s’installer en ville (y compris ces nouvelles villes qui sortent de rien) : dans ces conditions, même la Cgil (plus grand syndicat italien, équivalent de la CGT en France, ndt) du grand Di Vittorio aurait mis l’accent sur les postes de travail et, donc, sur l’expansion de l’économie ; et pourtant – se lamente « Wall Street Journal-Europe » du 6 juin 2007- « depuis plusieurs années les salaires chinois augmentent sans interruption au rythme annuel de 10% ». Le taux de croissance connaîtrait une ultérieure accélération : à cause aussi de la nette amélioration des condition de vie dans les campagnes, les émigrés, à présent, « prétendent à des salaires plus élevé de 16% par rapport à l’année précédente » et exigent et arrivent à arracher aussi quelques bénéfices et améliorations ultérieurs. Plus impressionnantes encore sont les données rapportées par l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » du 18 octobre, dans un article de Georg Blume : « A l’heure actuelle, les plus bas salaires augmentent de 30% par an, alors que le revenu moyen progresse de 14% et, donc, bien plus rapidement qu’une économie qui pourtant se développe de façon très dynamique ». C’est vrai, le coût du travail augmente plus lentement, mais à cause seulement du développement rapide de la productivité. A bien y regarder, même avec toutes ses limites et ses retards, le syndicat officiel chinois se révèle nettement plus mature que ses critiques (y compris ceux de « gauche ») : il appelle la classe ouvrière à ne pas s’enfermer dans un corporatisme étroit, pour être au contraire la protagoniste du processus d’industrialisation et modernisation du gigantesque pays asiatique dans sa totalité ; protagoniste de la lutte nationale pour l’acquisition des technologies les plus avancées, de manière non seulement à renforcer l’indépendance de la Chine mais aussi à rompre le monopole détenu jusqu’à présent dans ce domaine par l’Occident. C’est aussi grâce à la détérioration de ce monopole et à la possibilité d’accéder à des produits industriels de plus en plus sophistiqués, et à la technologie en rapide développement de la République Populaire de Chine, que des pays comme Cuba et le Venezuela sont en mesure de résister à la politique d’étranglement économique mise en œuvre à Washington. Ils le savent bien, les cercles impérialistes largement impliqués dans la politique d’isolement du géant asiatique : c’est à travers cet isolement que passent la réaffirmation de la doctrine Monroe en Amérique latine et l’imposition de l’hégémonie étasunienne dans le monde.

3.Une étrange idée de démocratie

Asor Rosa passe en survolant tout cela de très haut. Parmi les « valeurs absolues » et les « droits universels » qu’il énumère, ne figurent ni le droit à la paix ni le droit pour les nations à jouir de la démocratie dans les rapports internationaux et à ne pas être soumis à la loi du plus fort. Sont ainsi ignorés ou écartés les « valeurs absolues » et les « droits universels » effacés par les aspirants patrons du monde, lesquels, grâce justement à un tel effacement, peuvent s’attribuer la mission d’exporter la démocratie dans le monde entier, en ayant recours à tous les moyens, y compris les embargos économiques, aux menaces en tout genre et aux agression militaires véritables.
Insouciant de tout cela, Asor Rosa invite l’Italie (et indirectement l’ « Occident démocrate capitaliste ») à lancer un ultimatum : si le jour de l’ouverture des Jeux, « tous les organes de presse et télévisuels chinois » ne rendent pas publics « un document en faveur des droits universels de parole et d’association », les Jeux Olympiques de Pékin seront boycottés. Une singulière vision de la démocratie se fait jour ici : non seulement les dirigeants du Comité Olympique international, mais le secrétaire général de l’Onu lui même, élu par les représentants des pays du monde entier, se sont prononcés de façon répétée et avec force contre l’idée du boycott ; Asor Rosa, par contre, attribue en ultime analyse aux ex-puissances coloniales le devoir souverain de juger et punir un pays déjà frappé par eux dans le passé, par des agressions militaires répétées et infâmes. C’est une attitude d’autant plus stupéfiante que ce même Asor Rosa reconnaît qu’il n’y a en Chine pour penser comme lui « qu’une minorité de la population » ; et, toutefois, au nom de la « valeur absolue » de la démocratie, la majorité des habitant du pays le plus peuplé du monde est appelée à s’incliner devant la volonté des grandes puissances occidentales (et du grand intellectuel romain) !
Mais concentrons-nous aussi sur les « droits universels de parole et d’association », au nom desquels est lancé l’ultimatum. D’une part Asor Rosa ignore les notables progrès réalisés par la Chine, dans des conditions difficiles, dans ce domaine aussi. Dans les années 70 du 20ème siècle, Deng Xiaoping soulignait l’importance du gouvernement de la loi ; au contraire, la « nouvelle gauche » italienne et occidentale continuait à l’époque à célébrer la Révolution culturelle qui, en toute continuité à ce propos avec le socialisme réaliste, regardait les libertés et garanties « formelles » avec un mépris souverain. Entre temps, la tutelle des droits de l’homme a été insérée dans la Constitution chinoise. Il ne s’agit pas d’un geste « formel » ou d’un point isolé : dans le pays est en cours la traduction systématique des grands textes de la culture occidentale, y compris ceux qui sont largement engagés dans la théorisation des droits de l’homme, problématique qui tend désormais à acquérir la dignité de discipline universitaire ; de façon plus générale, on voit grandir assez rapidement le nombre des organisations non gouvernementales, des journaux, des Universités, des étudiants et diplômés qui étudient en Occident, et des professeurs occidentaux appelés à enseigner dans les universités chinoises. Bien s