LE MERLE MOQUEUR

C'est mon avis et je le partage !

21 août 2007

MAIS QU’EST-CE QUE LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ? LA RÉVOLUTION VERTE DE CUBA (UN SECRET BIEN GARDÉ PAR LES MÉDIAS...)

Traduction "un des secrets les mieux gardés par notre presse...euh... libre", par Cuba Solidarity Project. Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.


* * * *

FIDEL_1  LA BONNE VIE À LA HAVANE : LA RÉVOLUTION VERTE DE CUBA

par Andrew Buncombe

Il y a vingt ans, après l’effondrement de l’empire soviétique, la petite île de Fidel Castro faisait face à une crise alimentaire. A présent, son réseau de petites fermes urbaines se développe, une "success story" organique qui est en train de nourrir le pays.

À ma droite se trouvaient des tomates révolutionnaires et à ma gauche des laitues révolutionnaires, tandis que dans le verre que je tenais à la main - rempli à ras bord et débordant de vitalité - se trouvait un jus de mangue révolutionnaire. Il était épais, brut et merveilleusement sucré. Il était organique aussi.

M. Salcines fit faire une visite rapide de son jardin, s’arrêtant de temps en temps pour montrer quelque chose dont il était particulièrement fier. Il y avait une serre à tomates qui avait produit cinq tonnes de fruits en six mois, une structure métallique pyramidale inventée de toutes pièces qui, selon lui, concentrait l’énergie naturelle et profitaient non seulement aux plantes mais aux jardiniers aussi ; un élevage de vers de terre grouillant d’une variété de vers de Californie, et les marigolds (? - NDT) plantés au bout de chaque rangée de légumes qui attiraient les abeilles et les papillons. Il était très fier aussi de sa splendide récolte de menthe. "L’Hotel Nacional utilise notre menthe pour fabriquer ses "mojitos" ", dit il. "Parce qu’elle est organique".

Tous les organoponicos ne se ressemblent pas. Au Metropolitana Organoponico dans le centre de la ville, deux des quatre employés disent que le terrain appartient au gouvernement et que tout ce qui est produit est réparti 50-50. "C’est très bien. Ca signifie que les aliments n’ont plus besoin d’être importés dans la ville", dit l’un d’entre eux.

A Alamar, M. Salcines dit qu’après avoir produit leur quota d’aliments remis aux autorités, les travailleurs pouvaient vendre le surplus et partager les bénéfices entre eux. C’est ce sens de la coopération - ainsi que les repas gratuits pour les travailleurs - ajoutés à un idéalisme bien marqué à Alamar, le genre d’idéalisme socialiste qui a valu à Cuba de nombreux partisans à l’étranger, malgré le règne dictatorial de Castro et la répression de la dissidence. [hé, ho, je traduis, c’est tout - NDT]

De telles fermes existaient à peine à la fin des années 80. A cette époque, l’économie cubaine dépendait des subsides de son aîné politique, l’Union Soviétique. Son agriculture avait été organisée dans un but précis : produire le plus de sucre possible, que l’Union Soviétique achetait à plus de cinq fois le prix du marché (*), en plus d’acheter 95 pour cent des citriques et 73 pour cent du nickel. En échange, les Soviétiques fournissaient 63 pour cent des importations d’aliments à Cuba et 90 pour cent de son pétrole. Une telle relation rendait Cuba extraordinairement vulnérable. Avec l’effondrement de l’Union Soviétique, les aides se sont taries pratiquement du jour au lendemain. Soudain, l’avenir paraissait sombre.

C’est sur l’estomac des gens ordinaires que l’impact fut le plus durement ressenti. Les chiffres de l’ONU indiquent que le nombre de calories par jour et par cubain est tombé de 2600 à la fin des années 80 à entre 1.000 et 1.500 en 1993. En gros, les gens devaient se débrouiller avec une quantité de nourriture réduite de moitié. Sans aides et avec des ressources limitées, le régime Cubain prit la décision de chercher la solution à l’intérieur. En cessant d’organiser l’économie autour de l’exportation de "produits tropicaux" et de l’importation les aliments, la décision fut prise de maximiser la production alimentaire. Par nécessité, cela impliquait un retour aux fondamentaux ; sans pétrole soviétique pour faire marcher les tracteurs, il a fallu recourir à la traction animale ; sans fertilisants et pesticides, il a fallu recourir aux compostes et pesticides naturels et aux insectes (**). On estime que plus de 200 centres de biopesticides produisent chaque année plus de 200 tonnes de verticillium pour combattre le whitefly [ ? - les traducteurs en ligne n’ont été d’aucune secours pour trouver le nom français de cette sale bestiole, NDT] ; et 800 tonnes de beavaria pour combattre les scarabées.

Le professeur Jules Pretty, du département de biologie de l’université d’Essex, a récemment écrit : "Des tiges de bananes coupées recouvertes de miel pour attirer les fourmis sont placées dans les champs de patates douces pour combattre les parasites. Il existe 170 centres de vermicompostes, qui produisent chaque année entre 3000 et 9300 tonnes. Les techniques de rotation des cultures, de croisement des cultures et de la préservation des sols ont toutes été intégrées dans leur agriculture."

Cette révolution organique est une réussite remarquable. Le nombre de calories est désormais monté à 2.600 par jour, tandis que les estimations de l’ONU sur le pourcentage de la population souffrant de malnutrition est tombé de 8 pour cent entre 1990 et 1992 à 3 pour cent en 2000-2002. La mortalité infantile à Cuba est inférieure à celle des Etats-Unis tandis que l’espérance de vie, 77 ans, est la même.

Tout le monde semble d’accord pour dire que cette nouvelle approche organique est bien plus efficace que l’ancien modèle soviétique qui mettait l’accent sur la production à tout prix. Fernando Funes, chef de l’Unité de recherche sur les Pâturages et Forages, a déclaré au magazine Harper’s : "Dans l’ancien système, il fallait 10 à 15 unités d’énergie pour produire une unité de nourriture. Au début, nous ne nous soucions pas des aspects économiques, (mais) nous nous sommes rendus compte à quel point le système était inefficace."

Une deuxième mesure prise par Cuba au milieu des années 90 pour de tenter la sauver l’économie fut de se lancer dans le tourisme de masse. Tandis que cette mesure a permis au gouvernement de récolter des millions de dollars, elle a aussi produit une société à deux vitesses où règnent des tensions et une division nette entre ceux qui ont accès aux devises et ceux qui doivent se débrouiller avec la monnaie nationale.

Par contraste, M. Salcines croit que la création des organoponicos - avec un assouplissement du contrôle de l’état qui autorise certains petits restaurants et entreprises privées - a été un succès. Il croit aussi que ces mesures sont fidèles à l’esprit de la révolution cubaine. "Rien n’est parfait," dit M. Salcines. "Mais si vous observez ce que le capitalisme a fait dans d’autres pays de la région, je crois que la situation des pauvres est bien meilleure à Cuba. Notre société est plus égalitaire."

Des experts, tels que le professeur Pretty, croient que Cuba pourraient bien être un des seuls pays au monde à posséder une agriculture autosuffisante. "Ils n’avaient pas le choix," dit il. "Leur seul choix était de faire appel à leurs propres ressources et de se demander s’ils pouvaient en produire plus."

Les partisans d’une agriculture organique, non intensive, pourraient citer Cuba comme un exemple que d’autres pays pourraient suivre plutôt que d’adopter un système agricole industriel et à grande échelle. Mais l’exemple cubain, qui nécessite beaucoup de main d’oeuvre, pourrait-il être reproduit sans la disponibilité d’un grand nombre de travailleurs ? "Je ne sais pas. Je pense qu’il est vrai qu’un tel système requiert beaucoup de main d’oeuvre," dit la professeur Pretty. "Le fait est que le système produit aussi beaucoup de nourriture... Les gens aussi sont plus proches de la production. (en occident) nous sommes préoccupés par l’origine des aliments dans nos assiettes. A La Havane, les gens sont plus proches de la production et cela peut avoir des effets psychologiques bénéfiques."

Le même jour de la visite d’Alamar, j’ai visité l’autre face de l’économie cubaine à deux vitesses. L’Hotel Nacional a acceuilli des personnalités telles que Winston Churchill et Fred Astaire, et plus récemment Naomi Campbell et Leonardo DiCaprio. Sur une pelouse surplombant l’océan, j’ai déboursé l’équivalent d’une semaine de salaire moyen cubain pour un "mojito". Il était bon, mais il n’avait pas le goût de la révolution [pas assez de menthe, peut-être ? - NDT].

http://vdedaj.club.fr/spip/article....

version originale :
http://news.independent.co.uk/world...

* * * *

(*) note du traducteur - pas tout à fait exact. Il s’agissant d’un troc "pétrole contre sucre", fixé à un taux donné. De mémoire, 4 tonnes de pétrole contre une tonne de sucre. Les fortes fluctuations de prix (pétrole en hausse et sucre en baisse), pouvaient faire dire, plus tard, que l’URSS achetait le sucre "à cinq fois son prix". C’est sûr que ça changeait de l’époque où le prix du sucre cubain, ainsi que son quota, étaient fixés chaque année par décision du... Congrès des Etats-Unis.

(**) note du traducteur : une pensée pour notre ami cubain Jorge, qui étudiait certaines espèces de guêpes pour lutter contre un parasite de la canne à sucre. Jorge, si t’es pas à Miami, un abrazo fuerte !

De : CSP,  lundi 20 août 2007

Remarque : Moi, c’est comme çà que j’imagine l’écologie et ses applications à une conception populaire du « développement durable ». C’est alors seulement que le vert me devient sympathique.

Jean-Jacques POIGNANT.

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20 août 2007

LE « COUP D’ETAT » DE CHAVEZ

de Pascual Serrano

CHAVEZ Je vous parle d’un pays européen qui a pour Chef d’Etat, à vie et avec un caractère héréditaire, un citoyen qui n’a jamais été élu par personne. Dans ce pays, tous les médias, la grande presse, les chaînes de télévision ainsi que leurs éditorialistes, sont hautement indignés et fortement préoccupés parce que dans un lointain pays d’Amérique les habitants s’apprêtent à voter par référendum pour décider s’ils veulent, oui ou non, pouvoir réélire une personne comme Président autant de fois qu’ils le jugeront bon. Cette disposition est déjà en vigueur, notez bien, dans ce pays européen dont je vous parle et dans tous les autres pays qui l’entourent. Je suis en train de vous parler des médias espagnols et de la réforme constitutionnelle au Venezuela.

Au Venezuela, exactement comme il l’avait promis dans son programme électoral avant d’être élu en décembre 2006, le Président a présenté devant le Parlement un projet de réforme constitutionnelle dont les législateurs vont débattre, qui sera ensuite porté à la connaissance de la population des villes et des « barrios » pour être discuté et qui sera soumis à référendum. Le journal El País a titré : « Chávez présente la réforme constitutionnelle qui va lui permettre de gouverner indéfiniment » sans se soucier le moins du monde de répéter son titre de la veille qui était le même : « Chávez présente devant le Parlement sa proposition de réélection indéfinie » . De son côté, El Mundo titre : « Chávez présente comme « socialiste » sa réélection indéfinie » et le journal ABC titre : « Hugo Chávez présente son plan pour rester perpétuellement à la Présidence ». Pourtant aucun de ces médias n’a recueilli une autre réforme législative annoncée ce même jour, celle-là aux Etats Unis, dont le Département de la Justice est en train de mettre au point les modifications légales nécessaires pour raccourcir les délais dont disposent les condamnés à mort pour faire appel de leur sentence et donc pour procéder aux exécutions plus rapidement.

Il semble que ce qui, en Espagne, cause une véritable angoisse c’est une réforme faite au Venezuela, réforme qui est déjà en vigueur ici, en Espagne, à savoir l’absence d’une limite dans le nombre de mandats présidentiels. Pourtant jamais nous n’entendons ces mêmes médias critiquer cette mesure dans notre pays ; ce qui les dérange c’est qu’un président gouverne plus de deux législatures uniquement si ce président s’appelle Chávez et si les vénézuéliens votent pour lui. En outre ils n’ont pas trouvé le moindre intérêt à souligner quelques autres changements proposés dans la nouvelle constitution, par exemple la traduction, dans le nouveau texte, de « l’interdiction de l’exploitation des travailleurs », la création de « conseils communaux, ouvriers, étudiants, paysans » comme un moyen « d’approfondir la démocratie participative et active », la création d’un « fonds de stabilité sociale » qui garantira aux travailleurs « des droits fondamentaux tels que la retraite, les pensions, les vacances, les congés prénataux et postnataux et ceux que les lois décideront », réduire à « six heures par jour » la durée légale du travail et interdire aux patrons de pouvoir obliger leurs salariés à faire des heures supplémentaires. On y envisage également « l’interdiction expressément écrite des latifundia, et d’étendre cette interdiction à l’exploitation privée des hydrocarbures liquides, solides ou gazeux ainsi qu’aux entreprises, services et biens d’intérêt public et de caractère stratégique ». A écouter les analystes politiques européens, on comprend que ce sont ces mesures approuvées par référendum qui définissent une dictature.

L’opposition vénézuélienne, avec cette lucidité qui la caractérise, a fait savoir, selon des déclarations déjà recueillies dans le premier paragraphe de l’information rapportée par El País, que cela n’est qu’un rideau de fumée destiné à détourner l’attention de cette autre information : l’arrestation d’un patron vénézuélien en partance pour l’Argentine avec 574.000 euros non déclarés en poche. Cela veut dire que devant un exemple caractérisé d’évasion de capitaux, le Président du Venezuela organise une réforme constitutionnelle pour détourner l’attention… Je lis aussi, dans d’autres dépêches d’agence, que l’opposition qualifie la réforme de « coup d’Etat » qui « viole des principes constitutionnels ». Étrange coup d’Etat qui est présenté devant le Parlement, qui est débattu, qui est soumis au vote des députés et soumis à référendum dans tout le pays ! Jusqu’il y a peu, l’opposition vénézuélienne et européenne dénonçaient le fait que Chávez avait imposé une constitution « à sa mesure ». Aujourd’hui il la change et ils s’indignent parce « qu’il la viole ». Résumons : s’il ne la touche pas, c’est mal ; s’il la modifie, c’est pire.

Alors qu’il serait tellement plus simple d’accepter la décision finale des vénézuéliens !.

http://pascualserrano.net

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AYE ! ON L'A LA CRETIN-BOX !

TELEMALVISION Ben oui ! On l'a la crétin-box: c'est la BCE (Banque Centrale Européenne)! Sur les 350 milliards d'€uros injectés par les banques centrales, en l'espace de 4 jours de crise boursière à cause des "subprime" immobilières aux USA, la BCE en a fourni 200 ! Plus de 57% !

Pour dissuader la spéculation, la BCE fait cadeau  de milliards et de milliards d'€uros qui ne financeront ni l'emploi, ni le social (santé, retraites, etc.) !

Y a vraiment quelque chose de pourri dans l'Europe du TCE et du TCE bis de Monsieur Sarkozy.

Il va falloir s'en occuper sérieusement !

NOSE DE CHAMPAGNE.

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LA SÉCHERESSE DE LA FACTURE D’EAU !

SOULAINES_3 Je rappelle avec ironie les "anticipations" des prévisionnistes de cet hiver: il allait y avoir la sécheresse et il allait falloir faire des économies pour les nappes phréatiques et les cours d'eau cet été... Il ne s'est pourtant pratiquement pas passé deux jours, en juillet-août, sans que la pluie tombe, soit très drue, soit sous forme d'un interminable crachin. C'est tout juste si l'on n'a pas à se féliciter qu'il n'ait pas neigé !

Tout aussi drues que la pluie, les factures se ramassent à la pelle. Voici donc la facture d'eau, celle de VEOLIA, qui possède la concession de notre ville de Vitry-le-François. Comme d'habitude, j'ai fait mes petites comparaisons.

Le mètre cube était facturé à 2,5329 € l'unité au 31/07/2006. Il est cette année à 2,5337 € au 01/08/2007, soit une hausse de 0,03 %. Mais l'abonnement au distributeur, c'est à dire ce que vous payez, que vous ouvriez ou non le robinet, passe de 26,72 à 27,27 €, soit une augmentation de 2,06 %. Cela permet à VEOLIA d'empocher sans coup férir environ 5000 € de mieux sur les 250000 € perçus sur les 9000 foyers vitryats - soient plus 30 mille francs sur 1,5 millions de Francs (2000). Pas mal, non !

Je note enfin, qu'avec une consommation réduite à 59 mètres cubes au lieu des 69 de l'année dernière j'ai réduit ma consommation de 14,5%. Pourtant ma dépense, elle, n'a été réduite que de 12,17%, c'est à dire que j'ai subi un prélèvement en ma défaveur de 2,33% !

Pour finir, je poserais bien cette question, sans doute idiote, à notre hyper-président: comment fait-on au bout du compte, quand tout augmente de 2% et plus, avec une pension de retraite qui n'a au plus que suivi la hausse des rémunérations de la Fonction Publique de... 0,8% cette année ?!

J'ai bien envie d'en parler à l'Oncle Ho !

NOSE DE CHAMPAGNE.

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18 août 2007

L'ANNEXE DU MERLE MOQUEUR EST OUVERTE...

PIGEON_BLEU Il vous suffira d'aller sur: http//lagaffe.canalblog.com.

L'identifiant est Le Pigeon Bleu et le code "lagaffe".

Vous pourrez vous y exprimer librement.

À bientôt, les amis.

NOSE DE CHAMPAGNE

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CRÉPUSCULE D'ÉTÉ

« L'été maussade aborde sa dernière phase. Entre vents mauvais, tornades de pluie et températures "en-dessous des normales saisonnières".

Ça ne va guère mieux du côté de l'esquif humain.

Même les nantis prennent l'eau. Leur temple boursier se fissure. En quelques jours, pendant que sombre dans l'indifférence quasi générale un autre bateau de réfugiés affamés venus quémander quelques cents, les banques centrales injectent des milliards de devises pour tenter de sauver la mise à une poignée de repus affolés. L'obscénité est à son comble.

Ailleurs, des escouades d'oiseaux noirs continuent de pourchasser quelques pauvres hères sans papier. Les maîtres du monde s'enlisent partout où ils sont intervenus au nom de leur Bien, semant douleur et consternation. Notre nouveau président, obnubilé par son miroir, brasse l'air envers et contre tout. La foule est muette.

Notre société humaine touche le fond. Et plutôt que d'amorcer une remontée, on creuse[1].

*****

Je ne ressens ni écœurement, ni colère. Juste ce qu'on pourrait appeler un effet persistant de sidération. Et un brin de compassion détachée. Pour le reste, je me plonge dans mon bouquin estival à moi, la correspondance entre Albert Camus et René Char[2].

"On parle de la douleur de vivre (écrivait le premier au second). Mais ce n'est pas vrai, c'est la douleur de ne pas vivre qu'il faut dire. Et comment vivre dans ce monde d'ombres ?"

Vivre, c'est bien là la question. Passer son temps en contemplateur critique et ironique des naufrages humains est une bien pâle occupation. Attendre des jours meilleurs avec une patience de femme de marin conduit tout droit aux deuils des illusions. Il n'y aura bien sûr JAMAIS de "grand soir", même si nous continuerons à faire comme si parce que le cours des choses serait trop décourageant.

"Cette lutte qui n'en finit plus (continuait Camus, toujours à l'adresse de son ami Char), cet équilibre harassant (et à quel point j'en sens parfois l'épuisement !) nous unissent, quelques-uns aujourd'hui. La pire chose après tout serait de mourir seul, et plein de mépris. Et tout ce que vous êtes, ou faites, se trouve au-delà du mépris."

*****

Sur la table de la cuisine, les mains pétrissent patiemment la pâte, en font une petite boule ronde, l'étalent. Les mains découpent les mirabelles en deux, en extraient le noyau. Le jus des fruits coule et se mêle aux traces de farine sur les doigts. La tarte sera servie dans le salon. Le salon aux murs gris clair, peints par les mains, comme toutes les pièces de la maison. Gris et bleu pour les pièces orientées vers la mer, jaunes et rouges côté bois et jardin où les mains, toujours elles, ont disposé avec un soin jaloux fleurs, plantes et massifs. Des mains qui ont dessiné le décor au point de s'y fondre.

Pourquoi négligeons-nous tant ce décor, ces mains indispensables, ce cadre incontournable de notre "voyage à domicile". Le seul en réalité qui en vaille la peine. Les ailleurs que nous poursuivons obstinément n'existent pas. Qu'on soit ici ou ailleurs, nous sommes toujours là où nous sommes. Le seul but du voyage est de transfigurer l'ordinaire. Et celui de tous ceux qui tentent d'échapper comme nous, avec nous, à l'agitation imbécile.

Vaste tâche, "au-delà du mépris".

*****

Le crépuscule tombe sur l'estuaire. Un cargo s'engage entre mer et nuages menaçants. J'aime ce mot, crépuscule, qui désigne à la fois la tombée de la nuit et le lever du jour. Dans ma tête flotte le refrain de la chanson de l'été[3] :

Un baiser une bombe
De ta bouche explose
Sur ma bouche en plein jour

C'est drôle, non, de passer du récit d'un naufrage à de furieuses envies de baisers qui explosent en bombes sur nos bouches ? »

Notes

[1] "Partout, quand on touche le fond, on finit par remonter. En Algérie, quand on touche le fond, on creuse !" (Fellag, humoriste algérien).

[2] Correspondance 1946-1959 (éd. Gallimard).

[3] Un baiser une bombe, David Lafore Cinq Têtes (album "II", Opéra/l'Autre distribution).

Note supplémentaire du Merle Moqueur: la photo qui figure en illustration n'est pas celle qui figure sur le site du Yéti. C'est une photo que j'ai retenue, et que j'ai réussi à intégrer après moult tentatives infructueuses, après avoir consulté des centaines de photos et des dizaines de sites passionnants sur la mer, la météo et les bateaux.

NOSE DE CHAMPAGNE.

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16 août 2007

QUESTIONNAIRE DU PARTI: MA CONTRIBUTION INTEGRALE

UN COMMUNISME ET SON PARTI DIGNES DU 21°SIECLE

  1. Dans quelle société vivons-nous ? Que faut-il y changer ?

A/Le capitalisme aujourd’hui :

-    La globalisation a sonné le glas d’un Capitalisme Monopoliste d’Etat et promu une nouvelle étape de réorganisation et de concentration des grands groupes transnationaux. Dans le même temps, la financiarisation du capital est une nouvelle adaptation à la baisse tendancielle du taux de profit : elle permet une plus grande souplesse pour contrecarrer la tendance par la dévalorisation-délocalisation ou la destruction de pans entiers de l’industrie. 

-    Les entreprises font de plus en plus appel (parasitisme, chantage) dans les territoires, à des fonds publics (européens, régionaux, locaux, etc.) ou des équipements publics prenant en charge une part des infrastructures qui leurs sont nécessaires. Ces fonds et aides diverses sont très souvent investis sans garantie de pérennité de l’emploi.

-    Pour réduire leurs coûts, les grandes entreprises utilisent la sous-traitance d’une partie de leur production vers un réseau très spécialisé mais très dépendant de PME/PMI.

-    Les grandes entreprises réduisent également leurs effectifs salariés. Elles utilisent une proportion de plus en plus grande de personnels précaires : intérims ; contrats en CDD ; contrats à temps partiels …

-    Les grandes entreprises externalisent enfin une part croissante des tâches d’entretien, de maintenance, et d’un certain nombre de services.

-    Le caractère parasite et gaspilleur de plus en plus marqué du capitalisme, autant industriel que financier, appelle son dépassement  comme une nécessité, à la fois pour les territoires, pour les collectivités et pour les êtres humains.

-    La domination capitaliste a des implications multidimensionnelles. Elle touche le local et l’international (européen, en particulier) , l’économique et l’écologique , l’informationnel, le scientifique et le technique. Elle nécessite donc une contestation prenant bien en compte tous les aspects cités et donc une formation renouvelée des militants communistes.

B/Une société en mouvement :

-    La fraction de la société la plus directement concernée par l’ensemble de ces processus demeure la classe ouvrière.

-    Cette classe ouvrière n’a pas disparu, et elle s’est considérablement accrue dans le phénomène de la mondialisation de l’économie. Si elle est devenue relativement moins nombreuse dans notre pays par les délocalisations de productions, la modernisation des process de production et le développement inouï de la productivité, le rapprochement de certaines productions de leurs lieux de consommation, elle est également moins concentrée et plus hétérogène.

-    Cette classe ouvrière est très diversifiée : elle va du manœuvre peu qualifié au technicien et à l’ingénieur dans l’atelier de la grande entreprise ; mais elle est aussi présente dans la multitude de PME/PMI qui gravitent plus ou moins en réseaux autour de la grande entreprise. Cette classe ouvrière a grandement perdu conscience d’elle-même et de sa force, sous les assauts répétés et permanents de la guerre idéologique, alors qu’elle est au cœur de la production des richesses du monde : on n’a pas trouvé de nouveaux gisements de plus value en dehors d’elle.

-    La plus grande partie des cadres et techniciens de production sont de plus en plus en plus éloignés ou coupés des centres de décision. Ceux-ci ont de moins en moins à voir avec la spécificité de la  production mais bien plus avec les places financières et les actionnaires.

-    Les conditions de vie et de travail de l’ensemble des salariés privés et publics sont aujourd’hui très proches des conditions de vie et de travail faites à la classe ouvrière.

-    L’ensemble de la société (comprise comme l’ensemble des couches sociales non-intégrées à la frange de la population ne vivant que de la spéculation financière) aspire donc plus que jamais à satisfaire ses besoins vitaux de plus en plus diversifiés.

-    Elle aspire dans son ensemble à une redistribution plus équitable des richesses créées à notre époque de développements scientifiques et techniques effrénés. Elle aspire à maîtriser sa vie dans le temps consacré au travail et le temps hors travail. Par là elle entre en contradiction avec le capital qui aspire à toujours plus de travail vampirisé.

-    Entre 2/3 et 3/4 des français (au sens large et « non-ethnique ») font objectivement partie du bloc sociologique intéressé à une société française qui n’a rien à gagner à la mise en concurrence des peuples et tout à espérer de la mise en œuvre de leur coopération à l’échelle de l’Europe et du Monde.

-    La société française n’a pas adopté les valeurs de droite, mais elle a perdu ses repères. Plusieurs décennies de cogestion « loyale » des intérêts du capitalisme avec la plus grande partie de la gauche ont d’abord désespéré « le petit peuple », puis l’ont éloigné des forces qui le représentaient depuis plus d’une centaine d’années. Aujourd’hui, la capacité à proposer une alternative crédible passe par un engagement fort dans les territoires, sur le terrain des quartiers populaires et dans les entreprises aux côtés de syndicats rassemblés, pour la défense et l’extension des conquêtes sociales. Il faut reconstruire et étendre les solidarités pour les substituer peu à peu aux stratégies individuelles de survie.

-    Le Parti communiste doit prendre ses distances avec le syndicalisme soit disant « autonome » qui nuit durablement et considérablement à la construction d’un syndicalisme rassemblé.

-    Le syndicalisme doit lutter contre l’émiettement qui le stérilise et construire le retour à l’unité indispensable du monde du travail pour contester efficacement la domination du patronat et des actionnaires.

-    Il n’y aura d’alternative crédible qu’à ces conditions.

C/Quelles luttes pour une autre société :

-    Les espaces de résistance à la mondialisation capitaliste sont les peuples eux-mêmes et les outils qu’ils se sont donnés.

-    Ces outils sont évidemment et en premier lieu le syndicalisme dans chaque pays. Le mouvement syndical s’est récemment doté de structures de coopération à l’échelle européenne avec la CES et à l’échelle mondiale avec la CSI. Cette construction du syndicalisme rassemblé à l’échelle internationale montre le chemin au mouvement syndical à l’échelle nationale.

-    Sur le plan politique, le Parti de la Gauche Européenne est une construction du plus grand intérêt et il convient de bien en utiliser toutes les potentialités.

-    Sur le plan mondial, les forums sociaux, par région du monde et les forums sociaux mondiaux sont également de puissants points d’appuis pour remettre en cause les fonctionnements actuels de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale.

-    L’émergence d’expériences diverses de construction du socialisme démocratique, mais par des luttes populaires intenses et acharnées en Amérique latine, avec l’aide de Cuba, mérite beaucoup plus d’attention et de soutien de notre part. Ces expériences se construisent dans un affrontement gigantesque  avec la superpuissance américaine et suscitent un immense espoir, face aux idéologues  du « no futur » ou de la fin de l’histoire. Elles sont la preuve du rebond possible après l’expérience avortée de socialisme à l’Est de l’Europe et le doute sur l’avenir et la nature des expériences chinoise et indochinoise en Asie.

-    C’est donc par un retour fort des solidarités de classe et des solidarités internationalistes prolétariennes qu’il est possible de contester et de battre l’hégémonie idéologique du capitalisme mondialisé. C’est par un retour et un ancrage sur cette base que le Parti Communiste Français peut espérer retrouver une utilité politique dans notre pays, pour notre peuple. C’est aussi sur ces bases que doivent être combattues toutes les idéologies de division et de diversion contre les salariés et contre les peuples (racismes, oppositions jeunes/anciens, hommes/femmes, public/privé, privés d’emploi/salariés actifs, etc.).

-    La société que nous voulons ne saurait être définie simplement et naïvement comme une société de l’abondance (une sorte de « Paradis Terrestre » communiste) sans que nous intégrions les dimensions finies de notre planète et la nécessité d’en respecter les lois physiques…

  1. Sur notre projet :

             A/Le communisme en question ?

-    L’idéal communiste demeure fondamentalement la construction d’une société débarrassée de «l ’exploitation de l’homme par l’homme » ; basée sur la satisfaction des besoins, le juste partage des richesses et leur administration démocratique et responsables. C’est donc la disparition des rapports de domination et le règne de la liberté consciente et responsable des individus. En cela, la fin de la domination capitaliste ou le « dépassement du capitalisme » sont des concepts voisins et je ne ferais pas, comme d’autres, un sujet de controverse de cette expression pour prouver les soit-disant renoncements du PCF à la transformation sociale ! Marx montre, au long de ses textes, la cohabitation des formes anciennes et nouvelles d’organisation de la production pendant des périodes historiques plus ou moins longues et aussi ce qui naît de nouveau dans les formes contemporaines dominantes. Cela n’a rien à voir avec une succession linéaire de formes… la notion de dépassement reprend bien cette idée.

-    Précisément, les expériences du début et de la moitié du XX° siècle, au sortir des effroyables boucheries des 2 guerres mondiales, ont durablement entaché cet idéal. Les espoirs des peuples ont été trompés à la fois par le cours autoritaire et militarisé de ces expériences du socialisme et aussi travestis par la propagande intense de la guerre froide de la bourgeoisie internationale mobilisée pour la défense de sa domination sur le Monde.

-    Il importe donc de procéder à un inventaire et un bilan sérieux et approfondi de ces expériences pour montrer en quoi elles se sont écarté de notre idéal et en quoi nous avons le moyen de ne pas refaire les mêmes « erreurs ». Cette critique doit être portée massivement à la connaissance du « bloc sociologique de gauche » par une intense campagne d’idées, en faveur d’un communisme renouvelé. La question de « l’étiquette » (communiste ou autre) est une fausse question : ce qui importe c’est le contenu et sur cela la clarté doit être totale. Un changement d’étiquette ne rendra pas la crédibilité que seule peut donner la pratique sur des bases clarifiées.

-    Cette analyse critique indispensable nécessite des outils théoriques efficaces. La recherche marxiste est constamment vivifiée par les apports incessants des sciences et des techniques, par les confrontations aux réalités historiques et nationales diverses (Rosa Luxembourg, Lénine, Gramsci, etc.) et les apports des penseurs de toutes les familles de réflexion. Cela n’appauvrit ni ne réduit pas la vocation du marxisme à expliquer le monde dans lequel nous vivons, mais cela le garantit contre sa transformation en dogme sectaire sans prise sur le réel. Le marxisme garde donc de grandes responsabilités dans l’éclairage des conditions de notre lutte, sans que nous en fassions un catéchisme.

B/Quelle identité pour quel projet politique ?

-    Les valeurs constitutives de notre identité communiste sont la lutte résolue contre la confiscation privée des richesses collectives,  la solidarité sociale (« de classe ») et la solidarité internationaliste. Il s’agit de cultiver la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité », augmentée de la « solidarité », jusque dans le domaine social. C’est à peu près le propos de Jean JAURES au début du XX°Siècle.

-    Trop longtemps le projet communiste à été estompé par une définition essentiellement « en creux », c’est à dire sous la forme « anti ». Aujourd’hui, il n’est plus possible de se cantonner à une fonction tribunitienne sans perdre toute crédibilité ou n’occuper qu’une place marginale dans l’arc politique . Le degré d’éducation de notre peuple lui a fait prendre conscience des possibilités de notre époque et la critique de l’existant nécessite indissociablement des  propositions alternatives.

-    Le projet communiste, ce doit donc être d’abord la ré appropriation sociale et démocratique des moyens de production et d’échange, comme des services publiques. C’est la garantie à chacun des moyens de vivre décemment tout au long de sa vie, y compris sa vieillesse, de se loger, de se chauffer, d’accéder à l’eau, de se soigner, de se déplacer, de s’éduquer, de se cultiver et de se distraire. Cela suppose une mise à plat des ressources de la Nation et la définition, avec l’avis du peuple, de la part des richesses nationales à consacrer à chacun de ces secteurs.

-    Mieux agir à l’échelle nationale, européenne et internationale implique obligatoirement d’intégrer dans chaque question les aspects national, européen et international. Une politique communiste ne peut être fermée sur des considérations autarciques. Elle est forcément ouverte sur les coopérations et les partages avec avantages mutuels avec tous les peuples. Elle rompt avec les politiques de « blocs » et montre à tous, les avantages que chacun peut retirer de cette orientation nouvelle, sans crise et sans guerre.

-    Le programme défendu par Marie-George BUFFET durant la campagne présidentielle et repris dans les campagnes législatives est (selon moi) une bonne amorce de la réflexion sur un programme communiste partagé avec notre peuple.

  1. Sur notre organisation :

     A/De quelle organisation politique avons-nous besoin ?

-    Les organisations de base du PCF furent longtemps les cellules rurales, de quartier et d’entreprise. Les réunions de direction s’attachaient régulièrement à faire le point sur l’implantation, le nombre et la composition de ces « cellules ». Ces organisations de base, qui méritent de porter un nom moins ambigu (par exemple « base »), maillaient le territoire en un réseau serré et efficace. Aujourd’hui, si l’on est capable partout de donner le nom de la section à laquelle on est affilié, on ne sait plus partout dans quelle structure de base on est appelé à militer sur le terrain. Qui peut dire le nombre (28 000 du temps de Georges MARCHAIS) de nos organisations de base composant les sections où militent ( ?!) les communistes ?

-    La disparition d’un grand nombre d’organisations de base, principalement dans les quartiers et les entreprises, a contribué à une modification de la composition sociologique du parti. Le parti n’a pas abandonné que le concept de « dictature du prolétariat », mais il a semble-t-il aussi, abandonné purement et simplement le prolétariat dans beaucoup d’endroits. Véronique LE GOAZIOU indique qu’en 1979 on comptait 46,5% d’ouvriers dans les rangs du Parti, et qu’ « ils n’étaient plus que 31,3% en 1997, au profit des couches moyennes salariées… ». Où en est-on, encore 10 ans après ?

-    Cela a aussi contribué à atténuer la conscience et la solidarité de classe, à ouvrir des boulevards à une multitude d’associations plus ou moins isolées, à conduire à l’errance une part importante de l’électorat populaire, à ne pas représenter une fraction importante de notre peuple qualifiée de « minorités visibles ». Aux législatives de juin 2007 nous n’avons présenté que 16 candidatures de la diversité « ethno-culturelle », soit 2,8% de nos investitures, mais la moitié n’ont pas atteint 3% et 1 seule a atteint la tranche de 15 à 20% de suffrages ! Où sont nos Rachida DATI et nos Rama AYAD ? De même, 4 femmes élues parmi nos 19 députés (21%), alors que nous avions 46,5% de candidates, çà ne nous met pas à la pointe du combat pour l’émancipation humaine…

-    Dans les grands quartiers l’absence de l’organisation solidaire du Parti favorise le développement de phénomènes de violence et des émeutes cycliques comme celles d’octobre et novembre  2005. C’est ce que montre Laurent MUCCHIELLI et Véronique LE GOAZIOU dans leur passionnant essai de sociologie « Quand les banlieues brûlent… » (La Découverte, 172 pages, mars 2007 pour 9,5 €). Le chapitre intitulé « la classe politique française et les émeutes : silence et déni » (pages 36 à 57) est édifiant. C’est de là que doivent être promus nos représentants de la diversité française. Il ne faut plus qu’on puisse écrire, comme Véronique LE GOAZIOU, sans ajouter que la correction est en cours : « … le PCF. Il est vrai que celui-ci est passé à côté de la question de l’immigration. Si, de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 1970, le PCF a mené le combat auprès des immigrés,…, des élus communistes vont protester contre la présence dans leurs communes de concentrations de populations étrangères en grande difficulté. »

-    Faut-il que des organisations de base du parti réinvestissent les lieux de travail ? Quelle autonomie et quelle spécificité le travail politique sur le lieu de travail peut-il avoir par rapport au travail syndical, déjà trop souvent négligé par un certain nombre d’adhérents du parti qui ne sont pas syndiqués ? Lors des campagnes électorales, on vérifie l’intérêt d’un travail du parti en direction des entreprises. Il y a donc un  travail à effectuer dans le sens de la conquête de la citoyenneté au travail comme « dans le civil ». Mais, il faut absolument éviter les chevauchements avec le travail revendicatif du syndicat. 

B/Quel fonctionnement et quel militantisme ?

-    Il faudrait réaliser un bilan honnête des suites de notre décision d’abandonner « le centralisme démocratique ». Est-on bien certain qu’on l’a fait disparaître totalement ? Parce que je n’ai pas senti de différence dans l’animation globale du parti entre les 2 périodes : celle du CD et celle sans le CD. Sauf qu’autrefois avec le CD il y avait plus (+) de solidarité entre les organisations du parti lui-même ! En fait je ne regrette pas le CD, mais je regrette la solidarité qui s’est étiolée. 

-    Non seulement le mandat des élus et des responsables doit être strictement limité « en volume » pour éviter le cumul, mais il doit être aussi limité dans le temps. Il n’est pas normal que des responsables ou des représentants d’un parti comme le nôtre puisse passer une vie entière coupés de leur lieu de travail d’origine pour devenir de simples fonctionnaires du Parti. 2 fois 5 ans dans un mandat, quel qu’il soit, c’est un maximum.

-    Par ailleurs, si l’abandon du CD a permis aux élus de gagner de l’initiative, elle leur a permis aussi de s’autonomiser par rapport aux militants : c’est ce qu’on vérifie chez un certain nombre de nos députés comme de nos élus municipaux (et pas seulement chez les « apparentés »). Pour un certain nombre d’entre eux, une fois leur mandat obtenu, ils ne connaissent plus le parti et ses militants ; ils mènent leur politique sans aucun échange avec ceux dont ils demeurent porte-parole pour une part (même s’ils représentent aussi les autres familles de la population de leur collectivité d’élection). L’élu communiste n’est pas « au-dessus » du Parti. L’élu communiste doit rester un militant exerçant une responsabilité spécifique, mais avec l’obligation morale de rendre compte de son mandat à ceux de qui il le tient. Dans le syndicalisme, c’est çà ou la démission plus ou moins contrainte. Alors, sans aller jusque là, il y a un minimum à respecter.

-    Militer aujourd’hui, cela veut dire comme hier élaborer collectivement et diffuser les idées communistes et les propositions du Parti : tracts, journaux, blogs (Internet), réunions, manifestations diverses et festives ou expositions, etc. Cela veut dire encore organiser les solidarités les plus élémentaires pour améliorer les conditions de la vie quotidienne dans notre entourage immédiat : être syndiqué actif, avoir des activités associatives, etc. Cela veut dire être individuellement responsable, dans la mesure de ses possibilités (temps, capacités, etc.) et dans un cadre collectif, solidaire.

-    C’est l’activité popularisée, utile et efficace (dans les quartiers) qui peut susciter une attraction en direction de la jeunesse comme dans toutes les couches de la population, comme pour les communistes eux-mêmes. L’inactivité politique ne suscite jamais aucun engouement, mais seulement l’oubli. Pendant la bataille contre le CPE, les jeunes des quartiers venaient nous supplier de leur donner des autocollants et même des drapeaux CGT ! Il y aurait eu des drapeaux PCF, ils en auraient autant voulu… Par contre, je demande le retour de « nos outils » (stylisés) sur notre drapeau rouge. C’est une question d’héritage et de lisibilité !

-    La solidarité concrète au niveau local ou international doit être le combat incessant et intransigeant des communistes pour permettre au parti de dépasser son « cours plancher » actuel. Dans ce cadre, tout militant communiste doit pouvoir faire preuve d’initiative, dans l’action concrète et dans la communication sur l’action. Le rôle de l’organisation collective étant alors de fournir toute l’aide et toute l’ampleur qui lui est nécessaire.

-    À mon sens, le Parti Communiste Français pourrait changer de nom pour devenir le Parti des Communistes Français. À cette fin, un simple congrès suffit. Pas besoin d’assises de ceci ou de cela, de dissolution/refondation, ou de créer un autre parti, etc. Ce ne serait pas qu’une modification anodine, dans la mesure où Le Parti  deviendrait le bien de tous les communistes et non celui de « ceux qui savent », de « ceux qui sont désignés responsables » ou encore de « ceux qui sont élus »… les autres devant obéir et ne pas gêner les « élites ».

-    Sur toutes les questions en débat (quel qu’en soit l’objet) qui ne peuvent déboucher sur un consensus, le vote à la majorité qualifiée doit être organisé et scrupuleusement respecté.

  1. Sur le rassemblement et les alliances :

          A/la gauche :

-    Elle s’est constitué comme un arc des diverses organisations opposées aux conservateurs et réactionnaires royalistes ou bonapartistes à partir des divers courants républicains représentant les couches sociales mises en mouvement sur les valeurs héritées de la Révolution Française de 1789, puis des révolutions de 1848 et 1871, du combat des Dreyfusards, du refus des 2 grandes boucheries mondiales et de la Résistance, des mouvements pacifistes et anticolonialistes et des luttes pour la défense de la nature et du cadre de vie.

-    Elle comprend aujourd’hui toutes les organisations qui se réclament du communisme, du socialisme, du radicalisme, de l’écologie politique progressiste, en lesquelles s’identifient les couches sociales non-parasites (c’est à dire ne vivant pas exclusivement de la rente et de la spéculation).

-    Le PS y est en position dominante depuis plus de 25 ans. Mais il a renoncé à la transformation sociale et s’est orienté de plus en plus nettement vers un « accompagnement social » du fonctionnement de notre société dans le capitalisme mondialisé. Ce PS donne l’apparence d’une régénération en vampirisant périodiquement ses « partenaires », au rythme des élections depuis 1981. Les résultats de la gauche aux présidentielles de 2007 montrent un blocage autour de 45% depuis plus de 10 ans et nous poussent vers un système de bipartisme à l’américaine, qui ne propose qu’une alternance (PS/UMP : capitalisme sauvage/ capitalisme régulé) et non plus aucune alternative au capitalisme.

-    Le PS, particulièrement à travers ses récentes campagnes d’adhésion sur Internet, a effectué une considérable mutation sociologique qui a retentit sur son électorat. Ce que Véronique LE GOAZIOU expose ainsi : « … une indiscutable évolution du profil sociologique des électeurs : un recul chez les employés et chez les ouvriers, mais un gain parmi les cadres supérieurs ; un recul parmi les personnes sans diplôme ou titulaires du certificat d’étude, mais un gain parmi les diplômés de l’enseignement supérieur ; enfin, une baisse parmi les personnes ne disposant d’aucun élément de patrimoine, mais un gain chez celles et ceux qui, à l’inverse, en disposent… ».

-    Les différentes coalitions de gauche au pouvoir autour du PS depuis 25 ans ont conduit à la déception puis à la défiance à l’égard de ces partis. C’est ainsi que le vote à gauche des ouvriers est passé de 78% en 1978 à 43% en 2002 et à peine plus de 50% en 2007 et Véronique LE GOAZIOU peut alors écrire à propos de « la crise des banlieues  de 2005» que « … le rendez-vous entre la gauche et les quartiers populaires est manqué depuis déjà plusieurs années ». Cela se vérifie encore dans le positionnement majoritaire différent du PS et de son électorat sur la question du TCE : 45% pour le « NON » chez ses adhérents, mais 65% pour le « NON » chez ses électeurs.

-    Un fort courant populaire se manifeste donc encore au sein du PS en crise ; mais il est devenu durablement minoritaire. Cette situation complique la recherche d’une issue progressiste à gauche et elle interpelle le PCF dans sa problématique de construction d’une alliance pour sortir à la fois de la crise du capitalisme et de la crise de la social-démocratie.

B/La question du rassemblement :

-    Une alliance privilégiée avec le PS est-elle encore possible ? Non. Elle ne demeure possible qu’avec une partie de celui-ci, dans des contours qui restent à définir. Il me paraît nécessaire de nous défaire de « l’attelage » au profit d’une ouverture pragmatique et sans exclusive, capable d’autres renforcements à chaque étape de la marche en avant, avec tous ceux qui souhaitent sortir des cadres d’une mondialisation capitaliste qui s’essouffle (voir la récente crise de la bulle spéculative immobilière dans les bourses mondiales et le rôle de la BCE en particulier.).   

-    L’Alternative Unitaire 2007 avait semblé nous proposer une solution dans la participation à la vie de centaines de collectifs locaux antilibéraux nés à la suite de la victoire contre le TCE du 29 mai 2005. Cette nébuleuse de collectifs a rassemblé des militants « unitaires » de la LCR, des Verts, du PCF, du PS (et en particulier de PRS),et surtout beaucoup de sans-parti, de syndicalistes divers…  Ces collectifs de tailles variables (au nombre de 862, le 9 décembre 2006), unitaires et pluralistes, répondant à l’Appel du 10 mai 2006 et disposant d’une large autonomie au plan local, devaient leur « validation » à un collectif national, flanqué d’une instance nationale des « sensibilités politiques » regroupant une dizaine de partis et organisations de gauche signataires des textes « Ambition-stratégie-candidatures » (10/09/2006), « Ce que nous voulons : 125 propositions » (14-15/10/2006), « Méthode de discussion de la candidature commune… » (02/11/2006).

-    Au CN du 9 Juin 2006 du PCF, Patrice BESSAC indique que le CEN du Parti ratifie par 37 voix contre 7 l’appel pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes en 2007. Il stimule nos initiatives en précisant que « l’implication des militantes et des militants communistes sera décisive » et appelle à la création et à l’élargissement des Comités d’Union Populaire… Ayant pris une initiative pour envisager collectivement la création de tel(s) comité(s) dans le département de la Marne qui ne possède aucun collectif validé (de même que 3 départements sur les 4 de la région), je reçois le 28 juin une lettre de désaveu très sec signée de ma secrétaire fédérale (qui est aussi coordonnatrice régionale) au nom du comité départemental, et le 4 juillet un courriel de la fédération est adressé à toutes les personnalités et organisations avec lesquelles j’ai pris contact pour casser l’initiative prévue pour le 5 juillet au chef lieu du département à Châlons-en-Champagne. Dans le même temps un Comité départemental est créé dans les Ardennes !

-    Je tire de ces faits et de ceux qui suivront, que dans notre Parti une inertie considérable, quand ce ne sont pas des freins délibérés, est opposée (notamment par un certain nombre de directions fédérales) à nos orientations politiques durant près de 5 mois. Le fait que le nombre de militants de toutes tendances et couleurs engagés dans les collectifs unitaires n’a pas dépassé 20 mille alors que le Parti revendique 130 mille adhérents me renforce dans cette conviction que le Parti n’a pas cru ou voulu dans son ensemble la réussite possible de la candidature de Marie-George Buffet (ratifiée à 81% à la Conférence Nationale d’octobre) dans l’expérience du rassemblement antilibéral. Il s’est alors exposé, dans les collectifs locaux puis au collectif national aux débordements de la LCR, d’une partie de ses propres « rénovateurs » ou « orthodoxes », aux manœuvres des partisans de José Bové, etc.

-    Le 11 décembre 2006, alors que la LCR a depuis 7 mois désigné son candidat et que le PS l’a fait depuis au moins aussi longtemps, la tentative de l’AU2007 avorte devant l’impossibilité de faire respecter les engagements communs face au dispositif institutionnel de la 5° République, face à la lourdeur de la méthode dite du « double consensus », mais surtout face au refus du collectif national de respecter l’expression majoritaire (55% pour MGB, le reste réparti entre les 8 autres candidatures) de 66% des collectifs locaux, de l’incapacité à maintenir la priorité à l’objectif historique (explicité) de candidatures communes des forces antilibérales en 2007, face aux préoccupations politiciennes (implicites) de recomposition à gauche, voire « à gauche de la gauche ».

-    En fait, nous avons sous-estimé la force d’un certain rejet à l’égard des formations politiques traditionnelles de la gauche dans ce mouvement et la domination à son sommet d’un groupe hétéroclite de « petits chefs » prêts à assurer la main-mise d’un matamore campagnard.

-    Ce type de rassemblement n’a donc pas répondu aux attentes et a disparu après avoir épuisé son pouvoir de nuisance dans la suite de la campagne présidentielle et législative.

-    Le Parti de la Gauche Européenne (PGE) : Il est présidé par Fausto BERTINOTTI (PRCI), et Francis WURTZ (PCF) préside son groupe GUE-GVN de 41 députés (de 12 nations sur 27) au Parlement Européen. Il se compose de partis communistes, de partis socialistes de gauche, de partis travaillistes, de partis verts, de rassemblements unitaires de gauche (Portugal, Espagne, Luxembourg) et il a tout dernièrement aidé à « accoucher de « Die Linke » en Allemagne et de « La Sinistra » en Italie.

-    Sa structure confédérale, respecte les identités de départ pour les dépasser dans une construction beaucoup plus large. Il est envisageable de constituer au niveau de chaque pays une fédération locale de la Gauche Européenne dont l’objet est de constituer l’alliance pluraliste nécessaire à l’offre d’alternative partout en Europe, avec les spécificités locales de chaque pays.   

-    La création d’un « groupe technique communistes et verts » à l’Assemblée Nationale en juin-juillet 2007, comme le fonctionnement d’un « groupe communiste, républicain et citoyen » au Sénat peut amorcer une construction telle qu’un groupe PGE pourrait à terme exister dans notre pays et occuper l’espace ouvert par la dérive du PS. La création du groupe à L’AN indique que nous sommes parfaitement capables de passer des compromis pour avancer et que des partenaires sont capables d’en faire autant sur la base de l’intérêt mutuel.

-    Au niveau des localités ou des bassins, des comités d’unité populaire pourraient réunir les ressortissants des formations regroupées au niveau national.

-    Être un parti révolutionnaire, c’est être un parti de transformation sociale, anti-capitaliste et anti-impérialiste pour aller « aux affaires » et réaliser les réformes dont le peuple a besoin, dans le cadre d’une 6° République débarrassée du pouvoir personnel du Président de la République. Un parti de gouvernement n’est pas automatiquement un parti révolutionnaire ; mais un parti révolutionnaire qui ne serait pas un parti de gouvernement c’est une coquille vide et cela ne peut pas exister, à mon sens.

5.       À propos du questionnaire lui-même :

-    Contrairement à ceux qui estiment que le questionnaire est « débile » et dénote un manque de confiance dans la créativité des communistes (je l’ai vu écrit dans un certain nombre de contributions sur le Net et c’est une opinion qui peut être parfaitement légitime si elle est argumentée), je pense qu’il est assez ouvert pour englober toutes les questions qui peuvent surgir dans l’esprit des camarades, et même d’autres.

-    Il permet de faire un effort de réflexion et d’expression à partir de nos expériences respectives.

-    On peut choisir de donner à chaque contribution la forme qui y convient.

-    Par contre, au sujet de l’organisation du Congrès, je préfère qu’il y ait 1 seul congrès réellement préparé avec TOUS les communistes, plutôt que plusieurs congrès avec une partie des communistes. Il faut donc consacrer plus de temps à sa préparation en relation avec le mouvement social qui se poursuit, et exiger des responsables à tous les niveaux du Parti qu’ils établissent systématiquement le contact avec TOUS les communistes. Par ailleurs, un recensement de tous les camarades qui ont été abandonnés et n’ont donc pas pu renouveler leur cotisations ces dernières années doit être effectué. Ces camarades doivent être sollicités pour reprendre leur place à nos côtés. Je pense à cet égard que le mot de Robert HUE sur l’existence d’une « force communiste » plus large que l’actuel Parti Communiste est parfaitement fondé et que çà se vérifie au quotidien dans notre entourage plus ou moins proche. Cela mérite que nous en tirions toutes les conséquences pour le futur.

Il me reste à espérer, mais c’est pas gagné, que le congrès qui se prépare sera un congrès utile et que ses décisions seront respectées. Il me reste à espérer que le militant communiste soit à nouveau considéré comme la richesse essentielle du Parti, ce qui serait normal pour un Parti qui place l’humanité au centre de ses préoccupations. Il me reste à espérer que tous les communistes, minoritaires et majoritaires, dans leur diversité, sauront s’unir pour ouvrir une nouvelle page plus exaltante de la déjà longue histoire des communistes.

Tant que l’injustice sociale existera sur un coin de cette planète, il y aura de l’avenir pour un Parti communiste.

NOSE DE CHAMPAGNE.

Posté par NOSE 2 CHAMPAGNE à 13:23 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2007

QUESTIONNAIRE DU PARTI: 3° PARTI - LA QUESTION DES ALLIANCES

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